Un bloc opératoire virtuel pour prévenir des risques bien réels - VivaSanté

Un bloc opératoire virtuel pour prévenir des risques bien réels

La réalité virtuelle ne se contente pas d’être ludique, elle peut  jouer un rôle important dans la formation en médecine. Ainsi un premier jeu multi-joueurs virtuel destiné à former des professionnels de santé à la gestion des risques vient de voir le jour.

Chez nos voisins français, des chercheurs de l’Université Champollion d’Albi et des médecins des Hôpitaux de Toulouse ont décidé de créer un jeu multi-joueurs sur ordinateur grâce auquel les futurs professionnels de santé se trouveront confrontés à des situations réalistes pouvant conduire à des incidents. Dès le début de 2016, des étudiants de la faculté de médecine, de l’école d’infirmier anesthésiste et d’infirmier opératoire de Toulouse ont testé ce jeu en réseau.

Gestion des risques et communication

Chaque participant se connecte à une session  via un ordinateur et endosse le rôle du professionnel de santé qui lui correspond. Les joueurs se retrouvent dans un bloc opératoire plus vrai que nature avec un patient virtuel sur la table. Le tout basé sur des cas réels. L’environnement de jeu laisse une grande liberté aux participants. Ils peuvent préparer la table d’anesthésie, consulter le dossier du patient, lire un IRM, planifier des procédures d’urgence, suivre les procédures d’hygiène, mettre en œuvre la checklist de sécurité au bloc opératoire…  Le jeu permet aussi de s’assurer que les futurs soignants ont la capacité de travailler en équipe. Les étudiants n’ont pas la possibilité de communiquer oralement ou par écrit mais chacune de leurs actions donne lieu à l’affichage de bulles d’information. Une intelligence artificielle capable de reproduire le comportement de professionnels permet de remplacer les joueurs manquants. «3D Virtual Operating room n’est pas un logiciel de simulation des gestes techniques. C’est un outil de simulation qui permet de proposer aux étudiants des situations professionnelles basées sur des cas réels d’événements indésirables. Ainsi, on peut vérifier ques les étudiants savent gérer les risques et qu’ils connaissent les procédures de sécurité», expliquait  au Figaro Catherine Pons Lelardeux, directrice de projet et ingénieur de recherche en informatique à l’Institut National Universitaire Champollion.

L’heure du bilan

À l’issue de chaque partie dont la durée varie entre 5 minutes et une heure (selon le scénario), le logiciel fournit un bilan aux étudiants. Ils peuvent ainsi se rendre compte de leurs éventuelles erreurs et du niveau de maîtrise des risques de l’équipe. Le formateur s’assure que les étudiants savent travailler de façon interdisciplinaire, qu’ils savent coopérer, communiquer et qu’ils ont pris les décisions les mieux adaptées au contexte. Ce « serious game » a mobilisé une trentaine de personnes pendant trois ans. Il est actuellement en phase de test. A ce jour, plus de soixante parties ont été jouées, avec des résultats satisfaisants,  selon les concepteurs du jeu. Cette expérimentation devrait prochainement être déployée à un plus grand nombre d’étudiants, avec une évaluation sur une période longue et une formation continue assurée par les professionnels de santé.

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