L'addiction aux jeux vidéos: la vie est un jeu - VivaSanté

L’addiction aux jeux vidéos: la vie est un jeu

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Les jeux vidéos, vous n’y connaissez que peu de chose, et en tant que parents, ça vous effraye un peu. Vous trouvez que votre enfant passe trop de temps sur sa console et vous redoutez qu’il soit accro à ces jeux. Que faire? Avant tout communiquer et vous intéresser à son univers!

Le soir, un enfant d’un an et demi demande du haut de ses quelques syllabes s’il peut utiliser la tablette. Sans hésitation, il pousse sur le bouton pour l’allumer, appuie sur l’application YouTube et voit Mickey apparaître à l’écran. Il fait défiler la page et choisit une vidéo; il l’arrête quand il y perd tout intérêt, puis en choisit une autre.

Les écrans et le monde numérique sont devenus indissociables de notre quotidien. Un adolescent passe en moyenne 6 heures par jour devant un écran: ordinateur, télévision, smartphone… Il y fait ses devoirs pour l’école, entretient ses contacts via les médias sociaux et cherche la détente dans les jeux. L’enseignement, le secteur des soins et le monde de l’entreprise se tournent de plus en plus vers les jeux pour faciliter l’apprentissage et la mise en pratique de procédés. Il s’agit là d’une exploitation positive des écrans: la ludification.

De l’attraction à l’addiction

Qu’est-ce qui rend les jeux si attractifs? Selon le psychologue hongrois Mihály Csíkszentmihályi: «Ce qui stimule le plus notre engagement, c’est d’avoir un défi à surmonter.» Si le défi et les compétences ne sont pas sur un pied d’égalité, cela induit frustration ou ennui. En cas d’équilibre toutefois, le défi retient votre attention, vous vous retrouvez captivé par ce que vous faites et vous ne voyez plus le temps passer. C’est l’expérience que cherchent à créer les concepteurs de jeux: une activité qui constitue un défi et exige des compétences, des objectifs et un retour clairs, ainsi qu’un sentiment de contrôle. Dans la mesure où les jeux sont adaptatifs, ils font toujours en sorte d’imposer un niveau de difficulté dépassant tout juste les compétences du joueur. Selon l’enquête Click menée par la KUL auprès d’un groupe d’élèves de 12 à 17 ans, 9,5% sont des utilisateurs compulsifs d’Internet et 3% enregistrent un score très élevé sur la CIUS (Compulsive Internet Use Scale).

L’accessibilité des jeux et, par extension, d’autres activités sur Internet peut donc entraîner une utilisation problématique, voire une addiction. La plupart des jeunes cherchent le divertissement dans le jeu parce qu’ils ne savent pas toujours quoi faire, même s’ils débordent d’activités à côté.

La situation devient toutefois problématique lorsque le jeu devient tout pour eux et qu’ils passent jour et nuit devant leur console ou leur ordinateur. Or, ces adolescents n’ont pas l’impression d’avoir un problème. Ce dernier est toujours signalé par les parents ou par l’entourage, qui se fait du souci. Il convient de tirer le signal d’alarme lorsque le jeune commence à s’isoler: ses résultats scolaires sont en baisse, ses loisirs sont délaissés, son hygiène personnelle et son régime alimentaire sont négligés. Par ailleurs, les conflits autour des activités quotidiennes, comme les repas ou les sorties en famille, s’aggravent de plus en plus.

Rejoignez-les dans leur monde virtuel

Les problèmes de jeux et la dépendance aux jeux sont aussi souvent liés à d’autres problèmes, qui sont camouflés par le comportement face au monde virtuel. Un jeu peut faire office de self-service sentimental: il permet de prendre de la distance par rapport à une réalité parfois difficile et de se créer son propre rêve virtuel. Les adolescents se trouvent à un moment de leur vie où ils doivent encore façonner leur propre identité. Ce processus s’opère au contact des adultes et d’autres jeunes. S’ils basent principalement leur opinion et leur image d’eux-mêmes sur ces contacts en ligne et sur une réalité virtuelle, ils rencontreront des difficultés dans la vraie vie. C’est pourquoi nous devons les remettre en contact avec la réalité.

Les parents peuvent jouer un rôle important dans la prévention des problèmes liés aux jeux et à l’utilisation d’Internet. Contrairement à ce qu’ils pensent souvent, les jeunes aimeraient pouvoir discuter de leur utilisation d’Internet et de leur monde virtuel. Il est dès lors important que les parents montrent de l’intérêt pour ce que leurs enfants font en ligne. Lorsque votre fils rentre du football, vous lui demandez sans doute comment s’est passé son entraînement. Pourquoi ne pas faire de même lorsqu’il quitte son écran d’ordinateur?

Il est important de s’impliquer dans leur environnement, de s’y intéresser et éventuellement de parfois prendre part aux jeux des enfants. De même, il faut fixer des règles à propos du contenu consulté et du temps passé en ligne. Une bonne surveillance du comportement des enfants sur Internet est essentielle et permet d’éviter des problèmes ultérieurs. Si, malgré tout, les parents se trouvent confrontés à une utilisation problématique d’Internet, il vaut mieux éviter de couper totalement les jeunes d’Internet. Cela n’aurait aucun sens et ne ferait qu’aggraver les conflits, sans compter que ce ne serait pas compatible avec notre mode de vie actuel. Par contre, si les parents ne parviennent pas à régler le problème eux-mêmes, il est conseillé de faire appel à l’aide d’un professionnel.

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