Schizophrénie: quand l’incongru et la désorganisation se marquent au quotidien - VivaSanté

Schizophrénie: quand l’incongru et la désorganisation se marquent au quotidien

This post is also available in: Néerlandais

Le mot schizophrénie vient du grec ‘schizo’ (qui signifie ‘séparé’) et de ‘phrên’ (qui signifie ‘esprit’). On comprend dès lors tout de suite que les personnes qui en souffrent aient des idées ou des comportements incongrus, désorganisés, hallucinatoires…

On a parfois amalgamé la dépression bipolaire (voir dans ce même n°) et la schizophrénie, notamment parce que les gènes impliqués sont similaires et concernent un neurotransmetteur particulier (la dopamine). Mais ces deux affections sont cependant différentes dans leurs manifestations.

Le symptôme principal de la schizophrénie est le délire et les hallucinations qui font que les patients souffrant de schizophrénie sont hors du réel et ne se rappellent plus de leurs propos délirants lorsqu’ils reviennent dans le réel sous l’effet des médicaments.
Cet aspect ne doit pas être confondu avec les épisodes maniaques des troubles bipolaires, épisodes pendant lesquels le patient bipolaire peut également perdre le contact avec la réalité. De plus, la pensée et le discours sont désorganisés en cas de schizophrénie, alors qu’ils sont structurés (même si l’idée émise est délirante) en cas de bipolarité. Mais une fois la phase de manie passée, lorsqu’il se rend compte de la manière dont il agit, le patient bipolaire est souvent accablé; cela s’ajoute à son sentiment de dépression qui est l’autre face de la bipolarité. A l’inverse, le patient souffrant de schizophrénie se place dans un isolement social et une apathie (absence d’énergie, incapacité à réagir, mollesse).

Les patients souffrant de schizophrénie paraissent souvent hors du réel

La schizophrénie est une pathologie psychiatrique d’évolution chronique dont le diagnostic repose sur la réunion d’un certain nombre de symptômes cliniques:

– Des symptômes dits positifs, ou ‘productifs’, tels que hallucinations ou délire, et des symptômes dits négatifs (apathie, manque d’énergie, difficulté à prendre des décisions) ou de désorganisation. Les hallucinations sont des perceptions sans objet mais qui sont vécues comme réelles. Elles peuvent être auditives, olfactives, gustatives et kinesthésiques (les hallucinations kinesthésiques concernent le sens qui nous renseigne sur la position du corps, la posture, l’équilibre et le mouvement). Quant aux idées délirantes, il s’agit de raisonnements basés sur des croyances inadaptées, contraires à la logique et imperméables à toute confrontation avec le réel.

– Une désorganisation de la pensée qui s’exprime par un discours flou, incompréhensible, sans logique, sans suite dans les idées avec utilisation de termes étranges et incohérence des propos. Par ailleurs, il existe très souvent une discordance entre les mimiques et la gestuelle d’une part et la teneur des propos d’autre part. En d’autres termes, ces patients peuvent rire sans raison ou apparaître angoissés en parlant de choses sans importance, et laisser une impression globale de “bizarrerie” ou “atypie”. Ces symptômes peuvent être présents de façon isolée ou associée et durant une période minimale de 6 mois pour pouvoir envisager le diagnostic.

– Des dysfonctions sociales ou dans les occupations professionnelles avec troubles du contrôle des impulsions, risque de comportement agressif, surtout vis-à-vis des objets. Les relations interpersonnelles en pâtissent et l’entretien du corps est généralement réduit à sa plus simple expression. Par ailleurs, l’aplatissement affectif est la règle.

Le pourquoi reste une inconnue

La schizophrénie se développe typiquement au début de l’âge adulte, globalement entre 20 et 35 ans. Elle peut se déclencher subitement mais se manifeste plus fréquemment après un certain délai au cours duquel la personne a été ‘bizarre’ et s’est progressivement désinsérée de son tissu social. Les activités de groupe par exemple sont vécues passivement puis refusées, la communication avec les autres est réduite avec une tendance au détachement et une perte d’intérêt souvent accompagnée par un intérêt pour l’ésotérisme, le magique et le pseudo-philosophique. Parfois, on retrouve une sensibilité émotive très accentuée avec instabilité et difficulté de vivre avec les autres. Les adolescents concernés s’isolent dans la musique, sur des activités internet, mais généralement dans les limites de variabilité d’une adolescence normale qui retarde le diagnostic.

Les premières manifestations plus spécifiques se manifestent après un événement jugé stressant par le patient (accident, grossesse, rupture…). Dans cette phase, l’anxiété est le symptôme dominant à côté de l’insomnie, des difficultés de concentration et de l’agitation.

La schizophrénie n’est pas une vraie maladie génétique, mais il existe cependant une certaine prédisposition, avec transmission de gènes de vulnérabilité.

Un traitement codifié à suivre attentivement

Les antipsychotiques ont révolutionné le traitement de la schizophrénie en améliorant l’état clinique des patients et en réduisant les taux de rechute. Actuellement, on dispose de nouvelles molécules qui réduisent de manière substantielle les effets secondaires. Mais ces traitements doivent être associés à des traitements non pharmacologiques pour favoriser l’adhésion au traitement, améliorer le vécu quotidien des patients et pallier aux déficits psychosociaux. On parle dans ces cas de remédiation cognitive, de réinsertion socioprofessionnelle, de renforcement des habiletés sociales.

La schizophrénie est une affection mentale relativement fréquente: une personne sur 100 environ développera une schizophrénie avant l’âge de 45 ans, avec une égale proportion d’hommes et de femmes

Share on Facebook6Tweet about this on TwitterShare on LinkedIn0Pin on Pinterest0Email this to someone

Articles similaires