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A bout de souffle!

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Loin de se résumer à une toux quotidienne, la broncho-pneumopathie chronique obstructive ou BPCO est une maladie qui touche plus de 680.000 personnes en Belgique. La moitié des personnes qui sont atteintes de cette maladie ne le savent pas, et c’est d’autant plus dommage qu’une détection et une prise en charge précoce de la BPCO peuvent freiner son évolution.

La BPCO se caractérise par la destruction progressive, irréversible, lente et silencieuse du tissu pulmonaire. Elle est la conséquence d’un rétrécissement progressif des voies respiratoires, qui rend le transport de l’air vers les poumons de plus en plus difficile. Principal responsable: le tabac, ce qui explique qu’elle progresse comme une véritable épidémie.

Une maladie sournoise et destructrice
L’une des caractéristiques redoutables de la BPCO est son évolution à bas bruit. Pendant très longtemps, le patient concerné, pourtant déjà malade, n’a pas de symptôme majeur en dehors d’une fatigue ou d’un trouble du sommeil; et s’il fume, il trouve normal de tousser et de cracher tous les matins! Le signe d’appel principal est l’essoufflement ou dyspnée. Malheureusement, à ce stade, la destruction pulmonaire est déjà bien avancée et les capacités respiratoires très diminuées (de 30 à 50%). Si la maladie n’est pas diagnostiquée et traitée de façon spécifique, l’évolution se fera fatalement vers l’insuffisance respiratoire, c’est-à-dire vers le manque chronique d’oxygène.

Les premiers symptômes de la BPCO peuvent paraître anodins. Ils sont principalement constitués d’un essoufflement à l’effort, une toux grasse et production de crachats le matin. Souvent banalisés chez le fumeur, ces premiers signes doivent conduire à consulter.

Coupable n°1: le tabac

Cette destruction broncho-pulmonaire est la conséquence d’agressions répétées par des substances toxiques. Le tabagisme, actif mais aussi passif, reste le plus grand coupable: il est mis en cause dans 90% des cas. Tous les fumeurs ne vont pas connaître les conséquences dramatiques de la maladie. On estime en effet que 70% des fumeurs sont épargnés. A l’origine de cette inégalité intrinsèque, des facteurs génétiques qui restent encore à déterminer et d’autres facteurs environnementaux. Les autres agents incriminés sont surtout d’origine professionnelle: les agriculteurs, les ouvriers des mines, certains postes des industries agro-alimentaires, du textile ou du bois sont particulièrement concernés. Des lésions répétées aux poumons, un asthme mal traité, de nombreuses infections pulmonaires peuvent également déboucher sur une BPCO.

Un dépistage facile
Un test simple de la fonction pulmonaire chez le médecin généraliste permet de poser le diagnostic. Ce test consiste à faire expirer le patient le plus fort possible dans un spiromètre. Le volume maximal expiré au cours de la première seconde est une bonne indication du degré de sévérité de l’affection. Ce chiffre est d’ailleurs régulièrement mesuré par la suite, pour donner une idée de la vitesse d’évolution de la maladie.

La BPCO se développe très lentement et est irréversible. Lorsqu’elle est dépistée précocement, on peut prévenir une atteinte plus importante des poumons et améliorer votre qualité de vie.

Qu’est-ce qu’une spirométrie?
C’est un test simple et non douloureux permettant de dépister efficacement la BPCO et l’asthme. Il mesure la quantité d’air qu’une personne peut respirer et le temps nécessaire pour réaliser cette respiration. La mesure se fait en position assise. On respire dans une pièce buccale. Le médecin vous expliquera que vous devrez remplir vos poumons d’air, puis souffler le plus vite possible. Ces exercices seront répétés à trois ou quatre reprises.

Traiter au plus vite

Le premier et le plus important des traitements est sans aucun doute l’arrêt tabagique. Des aides au sevrage pourront aider les personnes qui ont décidé d’en finir avec la cigarette. La BPCO ne peut pas être corrigée complètement et il persiste donc une obstruction définitive des voies aériennes, que l’on peut plus ou moins bien traiter mais malheureusement pas guérir. Aux stades les plus avancés de la maladie, l’espérance de vie et la qualité de vie sont considérablement réduites. Les symptômes peuvent être diminués par l’administration de médicaments qui ont comme effet principal d’ouvrir quelque peu les voies aériennes.

Les broncho-dilatateurs en inhalateur permettent de dilater les bronches et de lutter contre les difficultés respiratoires. Les corticoïdes luttent contre l’inflammation bronchique et sont administrés par inhalation, comme les broncho-dilatateurs. Les fluidifiants bronchiques peuvent éventuellement aider les patients.
Prévenir par la vaccination (grippe, pneumonie) et traiter correctement les infections respiratoires permet de diminuer la gravité de l’évolution de la BPCO. Une oxygénothérapie peut parfois devenir nécessaire au stade ultime de la maladie. Enfin les patients BPCO souffrent souvent d’autres maladies chroniques: maladies cardiovasculaires, ostéoporose, diabète…

Présentez-vous des symptômes de BPCO? Faites le test
1. Vous arrive-t-il d’expectorer des mucosités en toussant même lorsque vous n’êtes pas enrhumé?
2. Vous êtes-vous senti essoufflé au cours des dernières semaines?
3. Etes-vous souvent sujet à des quintes de toux?
4. Etes-vous moins actif qu’avant en raison de vos problèmes respiratoires?
5. Fumez-vous ou avez-vous déjà fumé?
6. Etes-vous âgé de 40 ans ou plus?
Si vous avez répondu «oui» à trois questions, vous présentez des symptômes pouvant indiquer une BPCO.
Seul votre médecin ou votre pneumologue est à même de diagnostiquer une BPCO, et ce au moyen d’un simple test respiratoire.

Pour en savoir plus sur la BPCO
http://www.spirometrie.be
http://www.fares.be

L’oxygénothérapie, c’est quoi?
L’oxygénothérapie est une méthode visant à apporter artificiellement de l’oxygène à un malade de façon à rétablir ou à maintenir un taux normal d’oxygène dans le sang. Les technologies modernes permettent d’assurer si nécessaire un approvisionnement continu en oxygène, soit par oxyconcentrateur soit par oxygène liquide de manière à préserver un maximum d’autonomie chez le patient. Il s’agit d’un traitement palliatif qui ne modifie pas le déclin progressif.


Une bonne prise en charge de la BPCO, c’est…

– Arrêter de fumer en vous faisant aider.
– Maintenir une activité physique adaptée: un réentraînement à l’exercice qui comporte un travail personnalisé en endurance (bicyclette ergométrique, tapis de marche…) et une gymnastique générale seront parfois recommandées. Dans certains cas, une kinésithérapie respiratoire facilitera l’expectoration et la ventilation.
– Manger équilibré et surveiller son poids: toute prise de poids augmente les difficultés respiratoires.
– Suivre son traitement à la lettre. Il est nécessaire que les inhalateurs prescrits par votre médecin soient utilisés correctement! Faites-vous expliquer le bon usage de vos médicaments par votre médecin et/ou pharmacien.
– Soyez entourés! Le soutien de la famille et des amis, ou encore des associations de patients aident à vivre au mieux avec la maladie.

Idée fausse: La BPCO est une maladie d’homme

Cela était vrai il y a quelques années mais, de nos jours, les femmes ont largement rattrapé leur retard sur les hommes en termes de niveau de tabagisme et l’on constate une proportion croissante de femmes atteintes de BPCO. Il faut souligner par ailleurs que les données scientifiques disponibles font état d’une plus grande sensibilité des femmes aux méfaits du tabac. Elles seraient donc potentiellement plus fragiles que les hommes face à la BPCO.

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