Alzheimer, quand la mémoire s'emmêle (Part 2) - VivaSanté

Alzheimer, quand la mémoire s’emmêle (Part 2)

Nous avons, lors d’un article précédent, parlé de la maladie d’Alzheimer (Part 1).
Revenons sur cette maladie qui affecte la mémoire et abordons le diagnostic, le traitement, les perspectives,…

Pourquoi la mémoire nous joue-t-elle des tours?

Sur quoi repose le diagnostic?

Près de la moitié des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ne sont pas diagnostiquées. 
Dès lors, le médecin traitant, en tant qu’interlocuteur privilégié, joue un rôle essentiel pour dépister de façon précoce les premiers signes de la maladie. 
Le diagnostic repose avant tout sur un bilan neuropsychologique et destiné à évaluer les symptômes cliniques que sont le langage, l’attention, les gestes et les fonctions exécutives, ainsi que la mémoire: surtout la mémoire épisodique, qui préserve le souvenir des événements récents, et la mémoire de travail, qui nous permet de retenir brièvement de nouvelles informations (test MMSE, le plus utilisé – voir encadré, ci-contre). 
Le grand problème est que le diagnostic n’est posé le plus souvent qu’au stade avancé de la maladie (quand apparaissent déjà des signes de démence). 

Or l’Alzheimer est la seule maladie neurodégénérative pour laquelle il est possible de poser le diagnostic dès les premiers symptômes, par le biais du dosage de marqueurs biologiques présents dans le liquide céphalorachidien (liquide autour de la moelle épinière, que l’on peut prélever par ponction lombaire pour l’analyser); ces valeurs biologiques sont des données statistiques (% de ‘chances’ d’être atteint de la maladie), aujourd’hui fort utiles dans la détection des premiers stades de la pathologie, avec l’objectif d’initier un traitement rapide. 
Le médecin traitant est le premier maillon de la chaîne de dépistage
 et de prise en charge de la maladie d’Alzheimer.
La maladie d’Alzheimer peut-elle être traitée?
Traitée, stabilisée pendant quelques années, oui; guérie, malheureusement non. Le traitement est principalement actif pendant les premières années de prise. 
La cause de la maladie n’étant pas connue, on ne dispose à l’heure actuelle d’aucun traitement préventif ou curatif. En revanche, il existe des médicaments qui agissent sur les symptômes, en les atténuant et en ralentissant son évolution, ce qui a pour effet d’améliorer notablement la qualité de vie du malade et de son entourage. Il est donc fondamental de traiter la personne le plus précocement possible et de maintenir le traitement aussi longtemps qu’il apporte des bénéfices. 
Le traitement repose surtout sur les anticholinestérasiques (Aricept®, Exelon® et Reminyl®), qui augmentent la concentration d’acétylcholine dans le cerveau, ainsi que sur les antagonistes des récepteurs du glutamate (Ebixa) (le glutamate est autre neurotransmetteur indispensable au système nerveux central, mais présent en trop grande quantité chez les patients atteints). 
Et les perspectives d’avenir?
La recherche se poursuit et consacre ses efforts, entre autres, aux traitements préventifs de la maladie. Il existe des vaccins, des anticorps monoclonaux, mais encore rien qui ait prouvé une efficacité suffisante que pour pouvoir le mettre à disposition du plus grand nombre. Enfin, la thérapie génique devrait également permettre de réaliser des progrès thérapeutiques significatifs dans le futur. 
Existe-t-il des stratégies préventives?
La prévention s’apparente en fait à la prévention cardiovasculaire: avoir une hygiène de vie saine basée sur une alimentation équilibrée et colorée, exercer une activité sportive et ne pas fumer! L’hypertension, ainsi que tous les troubles liés au métabolisme des lipides, jouent un rôle défavorable dans cette maladie. L’exercice physique et mental est également un élément protecteur.
Complémentaires à la prise en charge pharmacologique, plusieurs approches peuvent être proposées:
– l’orthophonie permet de faire travailler les fonctions cognitives liées à la communication: mémorisation de mots, langage, voix; 
– l’ergothérapie intervient sur les gestes du quotidien afin de maintenir l’autonomie fonctionnelle;
– les ateliers mémoire, individuels ou en groupe, permettent au patient de mobiliser ses souvenirs restants; 
– des exercices peuvent être proposés pour faciliter l’orientation dans le temps et dans l’espace;
– la musicothérapie permet de resittuer dans le temps.
Elles seront choisies selon l’envie et les centres d’intérêt du patient, en concertation avec le médecin. Il est malheureusement difficile de démontrer leur efficacité et de prédire quelle occupation sera utile pour tel patient.

Nathalie Evrard

INFO: 
– Alzheimer Belgique ASBL: www.alzheimerbelgique.be , Ecoute téléphonique et renseignements 24h/24: 02/428.28.19
– Vlaamse Alzheimer Liga: www.alzheimerliga.be ou 014/43.50.60
– Numéro gratuit: 0800/15225
– Alzheimer Café: www.alzheimercafe.be 

Lisez également la (Part 1) de “Alzheimer, quand la mémoire s’emmêle”

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