Le business juteux des faux médicaments… - VivaSanté

Le business juteux des faux médicaments…

Aujourd’hui, les professionnels de la contrefaçon ne se contentent plus d’inonder la planète de faux articles de luxe, ils fabriquent aussi des faux médicaments à une échelle qui inquiète les responsables de la santé.

Les médicaments contrefaits et illégaux sont un danger pour votre santé car ils n’offrent aucune garantie de qualité (ils peuvent contenir des substances toxiques), de sécurité et d’efficacité (absence ou sous-dosage de la molécule active). Sur Internet, un médicament proposé à la vente sur deux serait contrefait.
Dernier exemple en date… le mélanotan, proposé via des sites illégaux tant en Belgique qu’à l’étranger, promettant un bronzage artificiel et une libido au zénith! Et pourtant, ces produits contenant du mélanotan sont d’origine frauduleuse. L’analyse des produits confisqués a montré que ceux-ci pouvaient contenir des substances (comme de l’insuline!) qui comportent de très grands risques.
Si le marché des faux médicaments prend actuellement une telle ampleur, c’est pour une seule et unique raison: les profits financiers sont énormes. La contrefaçon de médicaments est en augmentation partout dans le monde: entre 8 et 10% du marché pharmaceutique mondial serait constitué de faux médicaments, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), ce qui représenterait environ 75 milliards d’euros de bénéfice pour les fraudeurs. C’est sans comparaison avec aucun autre marché de faux, pas même avec le trafic de la drogue. On estime qu’un investissement de 1.000 euros dans la fabrication de faux médicaments peut rapporter jusqu’à 500.000 euros. Parallèlement, le même investissement placé dans un trafic d’héroïne ne rapporterait «que» 20.000 euros, soit de l’ordre de 20 fois moins! De plus, le trafic de drogue est une activité très risquée, avec à la clé de lourdes peines et des amendes gigantesques. Le trafic des contrefaçons de médicaments est au contraire passible de peines fort légères, voire insignifiantes.
Pour lutter contre ce fléau, les industriels s’organisent, en partenariat avec les Etats et les services des douanes et de police. Le gouvernement fédéral a approuvé vendredi un projet de loi visant à mieux lutter contre le commerce de faux médicaments. Le texte prévoit des contrôles tout au long de la chaîne de production et de distribution des médicaments. Leur vente sur internet sera également davantage surveillée. Les sites légaux de vente devront afficher un logo européen afin de permettre de les distinguer des sites illégaux.
Mais il est également important que nous, consommateurs de médicaments, nous nous impliquions dans cette lutte. Nous devons être conscients des dangers de l’achat de médicaments hors du circuit de la pharmacie, dont certains ressemblent étrangement à l’original, à des prix défiant toute concurrence mais avec des conséquences sur la santé qui ne se comptabilisent pas… Pour garantir sa qualité et se protéger des contrefaçons, il convient de toujours acheter un médicament dans une pharmacie. En dehors du médecin, le pharmacien est le seul habilité à donner des conseils sur la prise d’un médicament. Les pharmacies sont également l’unique lieu dans lequel l’authenticité d’un produit de santé est garantie.Soyons donc vigilants car si un faux Vuitton n’a jamais tué personne, un médicament trafiqué oui!

Nathalie Evrard

 

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