Brisez le silence! - VivaSanté

Brisez le silence!

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Les troubles de l’audition touchent de plus en plus de personnes, et pas seulement les seniors. Il n’existe pas une mais des surdités, qui diffèrent en fonction de la partie de l’organe auditif lésée, de la cause, de la date d’apparition et de l’importance de la perte auditive.

Si vous constatez une baisse d’audition, il faut réagir! Des solutions adaptées existent.


Comment entend-on?

Les ondes sonores traversent le conduit auditif et provoquent la vibration du tympan et des trois osselets situés dans l’oreille moyenne. Les vibrations sont transférées aux fluides de l’oreille interne, appelée cochlée, et mettent en mouvement les minuscules cellules ciliées de la cochlée.

Les mouvements de ces cellules produisent des impulsions nerveuses qui sont envoyées au nerf auditif, jusqu’au cerveau, où elles sont interprétées comme un son.

A partir de quand un son est-il nocif?
Les facteurs déterminants sont l’intensité du son et le temps d’exposition.
L’oreille est à l’aise avec des sons de 65/70dB. Au-delà de 80/85dB, le son peut devenir nocif si on y est exposé trop longtemps.

La plupart des bruits de notre environnement dépassent largement ce seuil de tolérance. Par exemple, une moto atteint aisément les 100dB et un baladeur i-pod oscille entre 80 et 120dB. Accumuler des sons intenses sur une journée ou une période longue altère l’audition.

La sensibilité est affaire individuelle, mais supporter régulièrement sa dose tolérable peut avoir des conséquences négatives. On dépasse le seuil de toxicité en étant exposé plus de 10min à 110dB(A) ou plus de 2h à 100dB(A).

Les conséquences de trop de bruit…
Le vieillissement, la prise ce certains médicaments, une tumeur, une fracture cérébrale, la musique amplifiée peuvent être responsables d’une baisse auditive. Les nuisances sonores au travail restent une source importante de maladies professionnelles, et doivent être constatées par la médecine du travail. Les effets sur l’audition vont de la gêne passagère à des effets pathologiques permanents.

On constate des:
– hypoacousies (diminution des capacités auditives);
– hyperacousies (hypersensibilité au bruit modéré);
– acouphènes (sifflements…). Ces derniers sont fréquents puisque, en Belgique, on enregistre chaque année 30.000 nouveaux cas d’acouphènes, dont 20.000 jeunes ayant subi un traumatisme sonore.

Une déficience auditive plus ou moins importante
Les tests d’audition permettent de mesurer la quantité de sons que nous sommes capables d’entendre. Différents types de tests existent et seul un médecin ORL, professionnel de l’audition, effectuera avec vous le test le plus approprié pour évaluer votre audition ou celle de votre enfant. Les résultats des tests d’audition sont illustrés par un graphique appelé audiogramme.

L’évaluation de votre audition contribue à définir la nature du problème auditif et aide votre médecin à vous conseiller le traitement le plus adapté.

La perte d’audition est mesurée en intensité de perception auditive (dBHL). Ce chiffre correspond au niveau le plus faible que vous ou votre enfant êtes en mesure d’entendre. L’intensité de perception auditive peut être mesurée pour les sons purs aussi bien que pour la parole, et déterminée pour les deux oreilles en même temps (audition bilatérale) ou pour chaque oreille séparément (audition unilatérale).

La déficience auditive (DA) se caractérise par la différence entre le niveau sonore minimum perçu normalement (seuil normal d’audition) et le niveau réellement minimum perçu (voir encadré «Degrés de perte auditive et solutions»).

La musique doit rester un plaisir
Lorsqu’on écoute la musique avec des écouteurs, par exemple à pleine puissance, le niveau sonore est comparable à celui d’une discothèque ou d’une salle de concert (120dB). On considère qu’il est prudent de ne pas dépasser les 2/3 de la puissance maximale de l’appareil et de se limiter à 60 minutes d’écoute par jour.

Des solutions existent!
Lorsqu’il est diagnostiqué assez tôt, le trouble auditif peut être pris en charge efficacement et discrètement par des prothèses auditives.
C’est votre ORL qui, après vous avoir fait un bilan complet, rédigera une ordonnance pour vous adresser à l’un des auditiens qui réalisera une prothèse.

Une prothèse se compose de trois éléments: un micro, le corps de la prothèse, qui adapte le son au type de surdité de l’individu, et un haut-parleur qui restitue le son, sans oublier la pile qui alimente l’appareil.

Les audioprothèses d’aujourd’hui n’ont plus rien de commun avec celles de nos parents. Tous les appareils sont numériques. Leurs performances dépendant du nombre de canaux. Ces canaux permettent d’adapter l’amplification du signal sonore au profil d’audition du patient.

S’il a une perte de 30dB dans les aigus, mais seulement de 15dB dans les médiums, un canal permettra d’amplifier spécifiquement l’une et l’autre. D’après une étude initiée par les mutualités chrétiennes, le nombre de personnes portant un appareil auditif a doublé durant ces dix dernières années.

Echelles des sons
15dB: Feuilles légères agitées par un vent doux dans un jardin silencieux.
20dB: Chuchotement/studio d’enregistrement. Jardin paisible
25dB: Conversation à voix basse entendue à 1,50m
30dB: Appartement dans quartier tranquille
35dB: Bateau à voile
40dB: Lieu calme/Bureau dans quartier calme
45dB: Appartement normal avec les bruits normaux de la rue
50dB: Bruit d’une voiture au ralenti entendu de l’intérieur
60dB: Conversation courante/Grands magasins/Rue résidentielle/Bateau à moteur
65dB: Valeur limite du bruit de l’environnement (routes, autoroutes) captée par les façades
70dB: Restaurant bruyant/Circulation importante
80dB: Klaxon de voiture/Mixer
85dB: Atelier de tournage et d’ajustage
 >>> A partir de ce seuil, le bruit est facteur de troubles auditifs.
95dB: Rue au trafic intense/Atelier de forgeage
 >>> A partir de ce seuil, le bruit est pénible à entendre.
100dB: Baladeurs/Scie à ruban/Moto sans silencieux/Marteau piqueur tentendu à moins de 5m)
105dB: Discothèque (avec des crêtes de 120dB)/Raboteuse/Métro (à l’intérieur)
>>>  A partir de ce seuil, le bruit est difficile à supporter.
110dB: Atelier de chaudronnerie.
 >>> A partir de ce seuil, le bruit devient douleur.
102dB: Moteur d’avion à quelques mètres/Concert rock ou techno
130dB: Décollage d’un avion/Marteau pilon
 >>> A partir de ce seuil, la loi exige une protection sociale.
140dB: Turbo réacteur au banc d’essai
190dB: Fusée au décollage.

Entendre avec un implant cochléaire
Lorsque les prothèses auditives classiques n’apportent plus suffisamment de bénéfices pour la compréhension de la parole, l’implant cochléaire permet aux personnes atteintes de surdité sévère à profonde d’améliorer leur qualité de vie en leur donnant (ou en leur redonnant) une meilleure faculté d’audition pour les aider à affronter les défis du quotidien, de la vie professionnelle ou scolaire.

Schématiquement, cet appareil se compose d’un microphone qui capte les signaux sonores avant de les transmettre à un processeur vocal qui les traduira et les transmettra à des électrodes capables de stimuler le nerf auditif.

– A l’extérieur, un microphone, qui peut être inclus dans un contour d’oreille, reçoit les sons et les envoie au processeur vocal. Placé autour du pavillon de l’oreille, ce dernier réceptionne ces signaux, les analyse, les code et les envoie à l’antenne. Elle se pose sur la tête, face à l’antenne réceptrice, avec un aimant;

– A l’intérieur, un récepteur, avec une antenne réceptrice et un stimulateur placé derrière l’oreille, sous le cuir chevelu. Il envoie les sons extérieurs aux électrodes. Celles-ci sont au nombre de 15 à 22, en fonction des modèles, et regroupées dans un faisceau d’électrodes (ou porte-électrodes) placé dans l’oreille interne.

La pose d’un implant cochléaire nécessite une intervention chirurgicale.

L’appareillage reste aujourd’hui la seule modalité de prise en charge efficace dans les différents troubles de surdité. C’est dire l’importance de la prévention, en particulier celle du bruit dont l’effet délétère est souvent sous-évalué. Un seul traumatisme sonore peut causer des lésions souvent définitives. Même si nous ne pouvons nous soustraire à certains bruits, nous pouvons la plupart du temps prendre les précautions nécessaires pour les maîtriser ou nous en protéger.

Pourquoi faut-il dépister la surdité à la naissance?
La surdité est fréquente à la naissance (2 nouveau-nés sur 1.000). En l’absence de dépistage à la naissance, le diagnostic est porté bien trop tardivement: vers l’âge de 18 à 24 mois pour les surdités les plus profondes, beaucoup plus tard encore pour les surdités moins importantes. En effet, pendant les premiers mois de vie, les signes d’appel sont discrets, ce qui est la principale cause du retard au diagnostic.

Il est maintenant largement prouvé qu’un diagnostic et une réhabilitation précoces de l’audition exercent un effet très bénéfique sur la qualité du langage oral et de la communication. Lorsque le diagnostic est posé dès la naissance, la prise en charge peut être mise en place rapidement. La famille sera orientée vers les centres d’information pour connaître les différentes modalités de prise en charge de l’enfant malentendant.

Pour les surdités profondes et quelques surdités sévères, l’implant cochléaire sera proposé. L’audition permettant le développement du langage, il est fortement recommandé d’implanter les enfants le plus tôt possible pour assurer le développement des capacités d’écoute et de communication, pour ensuite leur donner toutes les chances d’intégrer un cursus de scolarisation normal, d’être indépendants et d’avoir une vie professionnelle épanouie. Associée à cette implantation, une éducation particulière conduite par un logopède doit être mise en place. Des contrôles réguliers permettent de suivre l’évolution de l’enfant.

Grâce à une prise une charge précoce et rigoureuse, la majorité des enfants malentendants vont pouvoir s’exprimer avec un langage oral de bonne qualité.

Degrés de perte auditive (DA = déficience auditive) et solutions
Audition normale: perte moyenne comprise entre 0 et 20dB

DA légères: perte moyenne comprise entre 20 et 40dB; il y a des difficultés à comprendre la parole dans les situations bruyantes.

DA modérées: perte moyenne comprise entre 40 et 70dB. Sans prothèse auditive, le médecin constate des difficultés à comprendre la parole.

DA sévères: perte moyenne comprise entre 70 et 90dB. Les prothèses auditives très puissantes ou l’implant cochléaire sont des solutions adaptées.

DA profondes: perte supérieure à 90dB. La personne a recours en général à la lecture labiale et/ou à la langue des signes. Un implant cochléaire est la solution adaptée pour retrouver l’audition.

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