Le burn-out parental. Et si on en parlait? - VivaSanté

Le burn-out parental. Et si on en parlait?

Parce que le burn-out parental peut avoir des conséquences graves sur la cellule familiale, il nous a semblé important de lever le tabou et d’en parler.

Etre parent au 21e siècle est beaucoup plus difficile qu’avant: on se pose en permance des questions dans une société qui met énormément de pression sur la parentalité. Une société qui cultive plus que jamais l’idéal d’être le parent parfait pour que l’enfant épanoui, brillant et heureux y ait sa place! La pression est bel et bien là, dans un contexte économique où les parents ont de moins en moins de temps et de moyens. Avec comme conséquence, le fait que de nombreux parents se sentent démunis, coupables de ne parvenir à cet idéal.
Résultat: découragement, épuisement, désinvestissement et perte d’épanouissement dans son rôle de parent.

Alors que faire pour prévenir ce burn-out parental? Car il guette tous les parents qui veulent le meilleur pour leur enfant dans une société qui bien souvent juge et oublie de cultiver l’art de l’imperfection. Et si on partait de l’idée que cultiver sa joie d’être parent, c’est avant tout accepter d’être imparfait.
Le burn-out parental, c’est quoi exactement?

Moïra Mikolajczak et Isabelle Roskam, toutes les deux docteurs en psychologie, professeurs à l’Université de Louvain et directrices de recherches, viennent de clôturer six études de terrain sur le burn-out parental en publiant un livre, «Le burn-out parental: L’éviter et s’en sortir». Selon les expertes, le burn-out parental est un syndrome qui touche les parents exposés à un stress parental chronique. Il se manifeste par la présence d’au moins deux des trois symptômes suivants:

  • L’épuisement: c’est le phénomène qui apparaît le plus souvent en premier: le parent a le sentiment d’être épuisé, vidé, au bout du rouleau. Cet épuisement peut se manifester au niveau émotionnel (on a le sentiment de ne plus rien supporter), cognitif (on a l’impression de ne plus arriver à réfléchir correctement) et/ou physique (on est très fatigué).
  • La distanciation affective avec les enfants: Le parent n’a plus l’énergie de s’investir autant dans sa relation avec ses enfants: il accorde moins d’importance à ce qu’ils vivent et ressentent, il fait le minimum pour leur bien-être et n’a plus l’énergie d’en faire plus.
  • La perte d’efficacité et d’épanouissement dans son rôle de parent: Le parent n’est plus le parent qu’il voudrait être. Il ne se reconnaît plus dans certains de ses comportements vis-à-vis de ses enfants. Il ne se sent plus efficace, il a l’impression d’être un mauvais père ou une mauvaise mère.


En quoi se différencie-t-il du burn-out professionnel?

Les études montrent que le burn-out parental est un syndrome différent du burn-out professionnel. Le premier se manifeste dans la sphère familiale en relation avec les enfants; alors que le second se manifeste dans la sphère professionnelle en relation avec le travail.


Quelles sont les conséquences du burn-out parental pour le parent concerné et ses proches?

Le burn-out peut avoir des conséquences importantes sur la santé physique et mentale des parents: on peut, par exemple, voir apparaître des problèmes de santé ou d’addiction chez le parent qui en souffre. Ce syndrôme peut également avoir des conséquences sur l’équilibre du couple qui devient fragile et conflictuel, car le parent en burn-out est irritable, se renferme et manque de recul. Enfin, le burn-out parental peut également avoir des conséquences sur la relation parent-enfant avec des négligences fréquentes ou de la violence. Il est donc primordial d’en parler et d’aller voir un professionnel compétent qui pourra vous aider à sortir de cette spirale.
Est-ce différent de la dépression?

Contrairement à la dépression qui touche toutes les sphères de la vie, le burn-out est un phénomène contextualisé qui ne touche généralement qu’une seule sphère de la vie de l’individu. Néanmoins, un burn-out dans une des sphères de l’existence augmente le risque de présenter, quelques mois plus tard, un burn-out dans une autre sphère, ce qui peut, in fine, mener à une dépression.


Peut-on prévenir le burn-out parental?

Les conseils d’Isabelle Roskam, Professeure de psychologie, psychologue clinicienne et co-auteure du livre «Le burn-out parental: L’éviter et s’en sortir» 

«Une première forme de prévention contre le burn-out parental consiste à se rappeler que même si nous voulons donner le meilleur de nous-même pour nos enfants, ce n’est pas toujours possible à tous moments face à un enfant et à un contexte de vie que nous ne maîtrisons pas tout à fait et que nous n’avons pas forcément choisi.» 

«Le burn-out est une maladie du stress. Il survient lorsque les sources de stress ne sont pas suffisamment contrebalancées par des sources de plaisir. Prévenir le burn-out, c’est prendre conscience des sources de stress qui pèsent sur soi et reprendre conscience de toutes les sources de plaisir qui nous entourent. Prévenir le burn-out, c’est tenter de limiter l’impact du stress tout en augmentant le plaisir d’être parent.»

En savoir plus?

  • Un site: www.burnoutparental.com
  • Un livre: «Le burn-out parental: L’éviter et s’en sortir», Moïra Mikolajczak et Isabelle Roskam
  • Une application: «Dr Mood», disponible sur l’App Store et sur Google play. https://www.dr-mood.com/
  • Consulter un professionnel?: CPS parentalité www.uclouvain.be/cpsparentalite.html

 

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