Dépister c’est détecter en l’absence de symptômes du cancer - VivaSanté

Dépister c’est détecter en l’absence de symptômes du cancer

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Le cancer reste un sujet préoccupant pour la plupart des Belges. Beaucoup savent qu’il est important de détecter un cancer le plus tôt possible, mais les programmes de dépistage organisés par les autorités sont peu ou mal connus et ne rencontrent pas toujours le succès espéré. Pourtant, ils sauvent des vies!

L’examen de dépistage du cancer colorectal

Le cancer colorectal représente en Belgique près de 8.000 nouveaux cas par an. Il s’agit du cancer digestif le plus fréquent, il semble donc bien cohérent de mettre en place un dépistage efficace. «Le pronostic de ce cancer est étroitement lié à son stade au moment du diagnostic», explique le Docteur Marc Polus (CHU Sart-Tilman). «La survie relative à 5 ans est de plus de 90% pour les cancers diagnostiqués dans le premier stade (polype), l’excision de la lésion permettant de prévenir des stades plus avancés.» L’identification des personnes atteintes d’une lésion précancéreuse (adénome) ou d’un cancer débutant est un enjeu essentiel.

Le dépistage du cancer colorectal se fait par deux techniques: le test de recherche de traces de sang dans les selles, suivi d’une coloscopie (examen permettant de visualiser l’intérieur de l’intestin) si nécessaire. Elle peut être pratiquée directement pour les personnes à risque élevé (antécédent familial ou personnel de polype ou de cancer colorectal…) ou en présence de symptômes.

Tous les hommes et femmes âgés de 50 à 74 ans se voient proposer par courrier un test qui permet de détecter des traces de sang occulte dans les selles. En pratique, le test consiste à prélever sur trois selles consécutives un petit fragment de la taille d’une lentille ou d’un grain de riz qu’il faut déposer sur une plaquette. Cette plaquette est ensuite envoyée à un centre d’analyses qui transmet alors les résultats à la personne, à la structure de gestion et à votre médecin. Demandez conseil à votre médecin!

Dépistage du cancer du sein

La fréquence du cancer du sein augmente partout dans le monde, principalement à cause du vieillissement de la population. La mortalité par cancer du sein, par contre, diminue grâce aux progrès médicaux et à l’essor du dépistage.

L’examen de dépistage de référence pour le cancer du sein est la mammographie, c’est-à-dire un examen radiologique des seins. Elle recherche des anomalies telles que des opacités, des micro-calcifications. Le dépistage du cancer du sein est recommandé aux femmes entre 50 et 74 ans. C’est en effet dans cette tranche d’âge que les femmes ont le plus de risques de développer un cancer du sein et que le dépistage est le plus efficace. Mais en fonction de l’histoire personnelle de chaque femme (antécédents personnels ou familiaux, prédisposition génétique…), un suivi plus précoce peut être proposé.

Dans l’hypothèse où une anomalie est décelée, le radiologue peut proposer des examens complémentaires: échographie, prélèvement ou IRM mammaire. En effet, la mammographie permet de voir s’il existe une anomalie dans le sein, mais pas de déterminer avec certitude s’il s’agit ou non d’un cancer.

Le dépistage du cancer du col de l’utérus

Le cancer du col de l’utérus est le résultat à long terme d’une infection du col de l’utérus par des virus hautement contagieux: les papillomavirus. Ces virus sont transmis au cours de relations sexuelles. Ils infectent les cellules de la surface du col.

Le cancer du col de l’utérus est heureusement un cancer peu fréquent, mais malheureusement il est associé à une mortalité de 50%! «Ceci est déplorable», insiste le Professeur Philippe Simon (CHU Erasme) «parce que ce cancer peut être évité d’une part en prévenant l’infection à papillomavirus par l’utilisation de la vaccination, d’autre part parce qu’il existe un dépistage efficace».

Le frottis cervico-utérin est l’examen de dépistage du cancer du col de l’utérus actuellement recommandé à toutes les femmes entre 25 et 65 ans tous les 3 ans. Au cours d’un examen gynécologique, après mise en place d’un spéculum, on prélève des cellules sur le col de l’utérus au fond du vagin, à l’aide d’une petite brosse ou d’une spatule. C’est un geste simple et non douloureux qui ne prend que quelques minutes, il détecte les lésions précoces et permet une prise en charge rapide, qui sauve la vie!

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