Diagnostic précoce d’ Alzheimer ? - VivaSanté

Diagnostic précoce d’ Alzheimer ?

Grâce aux progrès enregistrés dans les études scientifiques sur les biomarqueurs de la maladie d’ Alzheimer, la médecine est à même de détecter précocement cette affection, même au cours de la longue phase pré-clinique lors de laquelle la maladie ne provoque aucun symptôme. Ceci offre des opportunités importantes en termes de prévention. Faut-il dès lors envisager un dépistage à l’échelle de la population?

Le dépistage de la maladie d’ Alzheimer dans la population n’est jusqu’à présent pas à l’ordre du jour, tout d’abord parce qu’il n’existe pas encore de médicaments capables de la ralentir ou de la prévenir efficacement. L’utilisation de biomarqueurs permet de la détecter à un stade très précoce, voire préclinique, mais le coût et/ou le caractère relativement invasif de ces examens excluent toute utilisation comme outil de dépistage.

Bien que la maladie d’ Alzheimer soit incurable, elle peut néanmoins être traitée. La prise en charge englobe la psycho-éducation et éventuellement une réhabilitation cognitive et/ou un traitement pharmacologique symptomatique pour certains patients. Pour la pratique clinique, la recherche de cas et un diagnostic posé à temps sont donc indiqués, y compris dès les premiers symptômes, pour autant que le patient et/ou son entourage formulent une demande d’aide.

Dépistage de la maladie d’ Alzheimer dans la population?
Ces prochaines années, la population belge continuera de vieillir. Ceci a des conséquences importantes sur la prévalence des maladies dues au vieillissement, et s’applique en particulier à la maladie d’Alzheimer. En 2015, 24% des Belges avaient plus de 60 ans et, suite au vieillissement de la population, ce chiffre passera à 30% en 2030 et à 33% en 2050. De ce fait, le nombre de personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer va augmenter, tout comme les coûts des soins. Certains auteurs suggèrent dès lors qu’une détection précoce de cette maladie est importante pour ralentir sa progression et, partant, pour en réduire l’impact socio-économique. Suite à cela, des voix s’élèvent pour qu’on la dépiste à partir d’un certain âge. Ceci pourrait par exemple avoir lieu via des programmes de dépistage nationaux, à l’instar de ce qui se fait pour les cancers du sein et de l’intestin, ou via le médecin généraliste, comme pour les maladies cardiovasculaires.

Barrières au dépistage de population
Une première barrière est qu’il n’existe pas de traitement curatif pour cette affection. Toutes les maladies cérébrales neuro-dégénératives qui conduisent à la démence sont pour le moment irréversibles et incurables. Un traitement est cependant possible, sous la forme d’une psycho-éducation du patient et de ses aidants proches, d’un soutien psychologique, le cas échéant, et d’une réhabilitation cognitive. Un traitement pharmacologique symptomatique peut également être envisagé chez certains patients. Ce traitement étant uniquement symptomatique, l’existence de symptômes est dès lors obligatoire. Les opposants au dépistage de population déclarent par conséquent, à raison, qu’un diagnostic trop précoce peut induire un stress inutile.

Deuxièmement, entreprendre des actions préventives n’est plus du tout possible si l’on dépiste des personnes présentant déjà des plaintes et des symptômes d’un processus démentiel (débutant). La maladie d’Alzheimer connaît en effet une longue phase pré-clinique. Les modifications cérébrales qui aboutissent finalement à la démence débutent au moins 10 ans avant que les premiers symptômes cliniques n’apparaissent.

Enfin, il n’existe pour le moment pas d’outils ni de techniques de dépistage fiables, valides et peu invasifs. Il n’y a en l’occurrence pas encore de test simple (comme par ex. une analyse de sang) utilisable pour déterminer le risque de maladie d’Alzheimer à l’échelle de la population.

Diagnostiquer à temps grâce à la recherche de cas
Bien que l’on ne puisse actuellement pas guérir la maladie d’Alzheimer, elle peut malgré tout être traitée. Il existe trois modalités de traitement: psycho-éducation du patient et des aidants proches, réhabilitation cognitive et traitements pharmacologiques symptomatiques. Le fait de poser un diagnostic de maladie d’Alzheimer peut dès lors avoir des implications thérapeutiques et s’avérer judicieux. Il est également nécessaire d’établir un diagnostic correct, causal, si le patient et/ou son entourage se posent des questions au sujet du pronostic, de l’évolution et de l’hérédité. En effet, plusieurs maladies neurodégénératives qui conduisent à la démence ont des pronostics et des évolutions différents. En résumé, si une prise en charge et un traitement sont souhaités, et afin de pouvoir les adapter aux besoins individuels du patient et de sa famille, il est indiqué de poser le diagnostic à temps.

Autres informations: https://www.alzheimerbelgique.be

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