Du biberon à la petite cuillère - VivaSanté

Du biberon à la petite cuillère

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La diversification alimentaire est un moment unique où votre enfant passera d’une alimentation exclusivement lactée à une alimentation variée.
Une étape importante dans le devenir de bébé…

Le Professeur Philippe Goyens, pédiatre à l’HUDERF (ULB), et Nathalie Claes et Amal Alaoui, diététiciennes à l’ONE, nous apportent quelques explications.

Une initiation progressive…

Si les besoins nutritionnels de l’enfant sont exclusivement couverts par le lait maternel pendant les six premiers mois de la vie ou par des laits spécifiques pour nutrition infantile, il est important de commencer la diversification alimentaire vers l’âge de 5 ou 6 mois, afin de faire découvrir à votre enfant odeurs, saveurs et textures.

«C’est à cet âge que certains phénomènes vont avoir lieu chez le bébé, explique le Pr Philippe Goyens, pédiatre à l’Hôpital universitaire des Enfants Reine Fabiola, à commencer par le développement psychomoteur et le tonus, son port de tête lui permettant alors d’être nourri à la petite cuillère.

A cet âge, il développe aussi sa capacité de préhension. Spontanément, il fait comprendre qu’il est intéressé par le fait de porter à la bouche des choses qui lui sont agréables. Entre l’âge de 4 et 6 mois, il creuse sa langue, ce qui lui permet d’être nourri à la cuillère et de déposer sur la langue des aliments semi-solides.

La mastication apparaîtra un peu plus tard.» Parallèlement à ce phénomène, le système digestif est devenu mature pour digérer certains aliments. «Ne pas embrayer sur cette phase du développement de l’enfant et cette modification du comportement peut faire que l’on se trouve plus tard confronté à d’énormes difficultés, insiste le médecin.

Il s’agit d’une étape importante dans le développement de l’enfant.»

Au départ de la diversification alimentaire, votre bébé ne prendra que quelques cuillerées, puis les quantités de repas augmenteront progressivement avec sa capacité à manger à la cuillère.

Tout est permis…
Tous les fruits, légumes, féculents, viandes (de bonne qualité nutritionnelle) et poissons sont permis (l’œuf également), nous expliquent Amal Alaoui et Nathalie Claes, diététiciennes pédiatriques à l’ONE. Qu’il s’agisse de premiers repas de fruits ou de légumes, on veillera toutefois à être relativement prudent et à n’introduire qu’un seul aliment nouveau à la fois, afin de déceler le responsable en cas d’allergie ou d’intolérance.

Quand l’enfant est familiarisé avec la nouveauté, on diversifiera petit à petit en introduisant viande, poisson, œuf, riz, pâtes,… Le repas de fruits sera composé uniquement de fruits (sans biscuits pour bébé). Celui de légumes aura autant de légumes que de féculents.

En Belgique, il est habituel de commencer par la pomme de terre, mais d’autres féculents comme le riz, les pâtes ou la semoule peuvent être introduits. Trois cuillères à café de matières grasses variées y seront ajoutées en privilégiant les huiles riches en oméga 3 (huile de colza et de soja).

Les viandes, poissons et œufs seront introduits vers 7 mois en respectant les quantités recommandées par votre pédiatre.

Vers 9 à 12 mois, chez certains bébés que le lait du matin ou du soir ne suffit plus à rassasier, du pain pourra être proposé, expliquent encore Nathalie Claes et Amal Alaoui. Une modification de la texture des repas (plus grumeleuse) et une séparation des aliments dans l’assiette seront mises en place petit à petit.

Tous les fruits et légumes sont permis (frais, mûrs, de saison ou surgelés), mais il faut les introduire dans l’alimentation un par un.

Ne pas réduire le nombre de repas
Certains professionnels de la santé conseillent aux parents de réduire rapidement le nombre de repas de leur bébé. La formule «à 4 mois, 4 repas» est souvent utilisée, expliquent les diététiciennes de l’ONE. Pourtant, ce nombre restreint de prises alimentaires n’a pas d’intérêt et aboutit généralement aux inconvénients suivants:
– une augmentation du risque de régurgitation car le nourrisson consomme de gros volumes de lait par biberon;
– une quantité insuffisante de lait sur 24h chez les nourrissons qui ne terminent pas leur biberon.

Un minimum de 5 repas par 24h durant la première année de la vie est conseillé afin de permettre à votre enfant de consommer des apports alimentaires quotidiens suffisants tout en respectant sa capacité gastrique. Il est essentiel que ce passage se fasse pas à pas.

Les laits de suite pour compléter la diversification alimentaire
Durant la première année de vie, les seuls laits qui conviennent au nourrisson sont les laits maternel et infantile (lait pour nourrisson ou de suite).

Remplacer l’un de ces laits par du lait de vache ordinaire diminue les apports en fer, avec un risque d’anémie. Par ailleurs, des excès protéiques sont constatés avec le lait de vache ordinaire et les produits laitiers, allant jusqu’à 200% des apports nutritionnels conseillés en protéines.

Même si vous donnez à votre enfant des fruits et des légumes, il est indispensable de compléter cette alimentation par 600ml de lait de suite par jour.

Le lait de vache ne doit pas être introduit dans l’alimentation avant 1 an; le choix du lait de votre enfant passe par le conseil de votre pédiatre.

Comment préparer les repas pour votre bébé?
Les cuissons courtes (afin de limiter les pertes vitaminiques) et contenant le moins possible de matières grasses cuites (elles perdent leur intérêt nutritionnel et deviennent nocives par l’action de la chaleur) seront privilégiées.

Les légumes seront, de préférence, cuits à la vapeur et les féculents à l’eau bouillante afin de préserver leurs qualités nutritionnelles.

Toutes les épices et herbes aromatiques sont permises sauf le sel (ainsi que les cubes de bouillon, très riches en sodium), en raison de l’immaturité des reins du nourrisson et de l’acquisition de mauvaises habitudes alimentaires, avec le risque entre autres d’hypertension artérielle et de cancer de l’estomac à l’âge adulte.

L’utilisation d’épices piquantes sera également évitée car elles sont irritantes pour le tube digestif.

Repas faits maison ou petits pots?
Pour l’éducation du goût de votre enfant et éviter de l’habituer à un seul type de préparation, on préférera les repas faits maison. On peut utiliser des fruits frais ou surgelés non sucrés que l’on cuit à l’étouffée et que l’on évite de sucrer.
En ce qui concerne les petits pots, on peut avoir toute confiance dans les compotes, purées, desserts destinés aux enfants de moins de 3 ans, qui sont très réglementés: sans conservateur, ni colorant, ni arôme artificiel, avec des teneurs en pesticides et nitrates très basses. Ils ne sont volontairement pas sucrés (sauf pour corriger l’acidité de certains fruits).

Petites astuces pour une assiette équilibrée
– Choisissez des fruits et légumes de saison.
– Servez des quantités identiques de féculents et de légumes.
– Présentez-lui régulièrement des petites quantités d’eau nature.
– Ne donnez pas de biscuits.
– Ne donnez pas de boisson sucrée, en ce compris les jus de fruits.
– Ajoutez 2 à 3 cuillères à café (10 à 15ml) d’huile crue au repas (colza, soja ou noix).
– N’ajoutez pas de sel.
– Ne comptez pas plus de 10 à 20g de viande, volaille ou poisson.

A retenir
Contrairement aux croyances, peu d’aliments de base sont interdits (fruits, légumes, féculents, matières grasses,…). Par contre, il est nécessaire de les introduire un à un et de varier les aliments tout en respectant les quantités conseillées par votre médecin. Certains aliments sont déconseillés: biscuits pour bébé, lait de vache ordinaire, boissons sucrées,…

 

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