Faut il avoir peur des OGM ? - VivaSanté

Faut il avoir peur des OGM ?

 

Les questions que suscitent les OGM sont nombreuses. Entre rumeurs et fausses informations, le journal du patient fait le point !
Qu’est-ce qu’un OGM exactement?
Un OGM (organisme génétiquement modifié) est un organisme vivant qui a subi une modification artificielle de son patrimoine génétique originel. En clair: des scientifiques y ont ajouté, remplacé ou supprimé un ou plusieurs gènes. Leurs utilisations les plus connues concernent l’agriculture et la médecine. Dans le domaine agroalimentaire, l’opération la plus fréquente reste l’ajout de gènes.

Maïs, soja, colza et coton représentent
le quatuor des OGM les plus cultivés.
Quel est l’intérêt des OGM?
Cette technologie présente différentes applications. Elle permet notamment d’éliminer ou de modifier un caractère indésirable d’un organisme ou, inversément d’y introduire un caractère nouveau. Par exemple, on peut ainsi rendre une espèce de plante résistante aux pesticides. Soulignons qu’aucune restriction n’est donnée quant à la nature des organismes, il peut s’agir de plantes, d’animaux d’élevage ou de compagnie, des invertébrés, des micro-organismes, des virus… Parmi ces applications, celle des végétaux génétiquement modifiés est la plus connue.
Le génie génétique permet de franchir la barrière entre les espèces et
de modifier les êtres vivants d’une façon non naturelle,
leur conférant de nouvelles propriétés parfois même
inhabituelles pour l’espèce modifiée.
Les végétaux en première ligne
Apparues dans les années 80, les plantes transgéniques, principalement le soja (56% du soja cultivé mondialement est génétiquement modifié!), le maïs, le coton et le colza, ont vu leur superficie cultivée “exploser”.
Cette superficie mondiale se répartit principalement entre deux producteurs majeurs de plantes transgéniques, à savoir les Etats-Unis et l’Argentine, qui cultivent près de 80% des surfaces totales de plantes transgéniques. Le Canada, le Brésil et la Chine sont également des producteurs importants de plantes transgéniques.
Près de trois quarts des plantes transgéniques actuellement cultivées sont conçues pour résister aux herbicides. Un quart d’entre elles ont comme finalité de se défendre contre les insectes ravageurs et les virus. Grâce à l’ajout de gènes, le maïs peut par exemple fabriquer son propre insecticide contre la pyrale, un papillon dont la larve attaque les récoltes.
D’autres applications sont prévues dans l’avenir: résistance des plantes au froid, à la sécheresse, à la pourriture mais aussi amélioration de leur contenu nutritif sans oublier la production de vaccins et la mise au point de nouveaux médicaments.
Toxique ou pas?
L’utilisation d’ingrédients issus de végétaux génétiquement modifiés dans les aliments est contestée par les consommateurs dans de nombreux pays, même si aucune donnée scientifique ne remet en cause la sécurité de tels ingrédients. Au cours des vingt dernières années, les experts scientifiques mondiaux ont développé des procédures très strictes d’évaluations scientifiques sur la sécurité sanitaire et environnementale des OGM. Chaque OGM étant particulier, les évaluations se font au cas par cas.
A ce jour, selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), depuis que les premières plantes OGM ont été développées et autorisées à la culture en 1994, aucun effet nocif sur la santé humaine ou animale, ou encore sur l’environnement, n’a pu être scientifiquement établi. Par ailleurs, des millions de personnes dans le monde consomment régulièrement des OGM depuis plusieurs années, sans impact sanitaire identifié. Et pourtant, fréquemment, de nouvelles études contredisent la non-toxicité des OGM, et mettent en avant leurs effets indésirables: allergie, résistance aux antibiotiques, valeur nutritionnelle affaiblie…
Et en Belgique?
Une étude publiée par des chercheurs français relance le débat sur la toxicité des OGM. Des tumeurs ont été diagnostiquées sur des rats nourris avec un maïs OGM du géant américain Monsanto. Suite à cet événement, Sabine Laruelle, Ministre de l’Agriculture, s’est voulue rassurante. Les cultures d’OGM en Belgique sont interdites. “Il n’y a pas de mise sur le marché d’OGM en Belgique, il n’y a pas d’aliments OGM en Belgique”, insiste-t-elle.
Il y a, en fait, trois essais – peupliers, pommes de terre et maïs – qui existent sur notre territoire. «Ils sont garantis sans danger par les autorités européennes et ont été approuvés par les ministres compétents», précise-t-on au cabinet de la Ministre.
Comment éviter de retrouver des OGM dans son assiette?
Selon certains spécialistes, il est trop tôt pour affirmer que les OGM sont dangereux pour la santé. Cependant, la preuve irréfutable qu’ils sont inoffensifs n’a pas encore été avancée.
Le débat est loin d’être clôturé, mais en attendant, est-il possible en Belgique de faire un tri parmi les produits disponibles sur le marché et de choisir de ne pas manger des OGM?

Selon la législation appliquée en Europe depuis 2004, la traçabilité des OGM et des produits dérivés destinés à l’alimentation humaine ou animale est obligatoire et tout organisme génétiquement modifié doit être signalé sur l’étiquette du produit. L’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (AFSCA) est chargée de contrôler que les OGM présents sur le marché belge sont autorisés et aussi de vérifier s’ils sont bien étiquetés. En 2011, aucun OGM interdit n’a été détecté par l’AFSCA.

Mais… il est important de savoir que la législation ne concerne pas les produits élaborés à partir d’animaux nourris et/ou soignés avec des OGM.
Il existe cependant des labels qui garantissent que le produit provient d’animaux qui n’ont été ni nourris, ni soignés avec des OGM.
Dangereux ou pas…
Alors, que retirer de cette polémique? Qu’il semble bien difficile de mesurer le risque sanitaire que représentent les OGM; que ce risque existe peut-être mais sans être vraiment significatif, et que le besoin d’études est urgent.
En 2011, les OGM représentaient 160 millions d’hectares de cultures, contre presque rien en 1996 !
Les Etats-Unis, (69 millions d’hectares), le Brésil (30 millions d’hectares), l’Argentine (23 millions d’hectares) et le Canada (10 millions d’hectares) arrivent en tête. Leurs PGM préférés? Le soja (75,4 millions d’hectares) et le maïs (51 millions d’hectares).
Interdits de culture en Belgique, sauf pour l’expérimentation, trois sont autorisés en Europe: le maïs Mon 810, le maïs T25 et la pomme de terre Amflora. Car qu’on le veuille ou non, les OGM sont déjà dans nos assiettes! Car maïs et soja OGM représentent aujourd’hui la principale source d’alimentation de notre bétail.
Petra Vandijck
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