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Gardez votre peau sous surveillance!

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Que ce soit à la mer, à la campagne, à la montagne ou dans le jardin: pendant vos vacances, n’oubliez pas de vous protéger efficacement contre le soleil et ce, quelle que soit son intensité! A la veille des départs, les dermatologues belges du réseau européen Euromelanoma en remettent une couche.

Et à raison! Les résultats d’une nouvelle enquête le montrent une nouvelle fois: le nombre de cancers de la peau augmente. Chaque année, 2.200 nouveaux cas de mélanomes sont diagnostiqués en Belgique, de même que 20.000 autres cas de cancer de la peau. Le cancer de la peau est en constante augmentation. En cause notamment le déni et la méconnaissance des symptômes chez 2 patients sur 3 en Belgique. En faites-vous partie? Alors lisez ce qui suit! Et changez vos (mauvaises) habitudes!

Un retard inquiétant de la prise en charge
Selon une nouvelle enquête réalisée auprès des dermatologues belges et européens, environ 1/3 des patients belges retarde sa visite chez le médecin après l’apparition des premiers signes de cancer de la peau (voir plus bas). De même, le déni dans les cas de cancers de la peau est un phénomène en pleine croissance. «Le déni est un mécanisme psychologique inconscient et involontaire qui se met en place devant un traumatisme ou une menace.

Un patient dans le déni tend à mininimiser ou à annuler une partie ou la totalité de la réalité afin de la rendre plus supportable», explique Nicole Delvaux, chef du service de psychologie à l’hôpital Érasme (ULB). La professionnelle ajoute que ce type de comportement est dangereux. Les retards dans l’examen du patient engendrent des délais plus importants dans les diagnostics, ce qui fait perdre un temps précieux pour le traitement.

«Nous devons centrer nos actions sur la perte de temps causée par le déni, qui doit être réduit auprès des patients. Nous voulons apprendre aux gens comment reconnaître les signes du cancer de la peau à l’aide d’un auto-examen régulier, rapide et facile», témoigne le Dr Maselis, président d’Euromelanoma Belgique. Car ces retards ont un énorme impact, plus particulièrement chez les personnes ayant un risque plus élevé de développer un cancer de la peau. En effet, les dermatologues interrogés ont déclaré que dans le cas du mélanome, la survie de plus de la moitié de leurs patients pourrait être assurée s’ils avaient été traités plus tôt !

Mais pourquoi un tel déni?
«En général», explique le Docteur Nathalie Rooseleer, dermatologue, «le déni est nourri de fausses idées, qui sont fort nombreuses! Il est urgent de les corriger. L’information et l’éducation à la santé diminuent le déni de la maladie.»

Le mélanome est le cancer cutané le plus dangereux en termes de mortalité. Les zones du corps les plus classiquement atteintes sont le tronc chez l’homme et les jambes chez la femme. Il se développe à partir de cellules pigmentées de la peau, il est très agressif, il ne se limite donc pas aux couches superficielles de la peau.

Si le mélanome peut se développer sur une lésion pigmentée préexistante (grain de beauté, tache de naissance), il faut insister sur le fait que le plus souvent, il apparaît dans une zone de peau préalablement indemne de toute tache pigmentée. Dans la plupart des cas, les cellules malignes commencent à se développer dans les couches plus profondes et très rapidement commencent à métastaser, c’est-à-dire à s’étendre dans différents organes de notre corps.

En dehors du mélanome, le soleil induit d’autres formes de cancers. Ces formes de cancers cutanés affectent particulièrement les zones les plus exposées au soleil: le visage, les oreilles, le nez, le sommet du crâne de l’homme chauve, le dos des mains, les avant-bras… Des changements culturels et de mode de vie, durant le 20e siècle, ont favorisé ou encouragé l’exposition accrue au soleil des personnes de carnation (peau) claire. Le bronzage est considéré comme un must cosmétique, mais ne protège en aucun cas du cancer, c’est tout le contraire!

Les personnes aux yeux bleus, avec des cheveux blonds ou roux, une peau blanche, brûlant facilement, bronzant peu, avec présence de taches de rousseur sur les zones très exposées ont les plus grands risques de développer un cancer cutané.

A ce jour, on estime qu’un Européen sur 6 développera un cancer de la peau au cours de sa vie, ce qui en fait l’un des cancers les plus fréquents, mais surtout en constante progression. Une augmentation qui s’explique par le vieillissement de la population, mais aussi par les comportements à risque, en l’occurrence l’exposition excessive aux UV, naturels ou artificiels.

Car une autre fausse bonne idée est l’utilisation du banc solaire. Non, il ne prépare pas la peau au soleil et ne prévient ni les allergies, ni les coups de soleil. Mais il est responsable de cancers!

Le mélanome se caractérise non pas par son agressivité locale, mais par sa tendance à la dissémination rapide vers d’autres organes. Plus le diagnostic de la maladie est tardif, plus le pronostic vital sera engagé.

Pour limiter les dégâts: protégez-vous!
«La popularité accrue des loisirs extérieurs et des bains de soleil entraîne une exposition excessive au soleil, indiquent les dermatologues. Beaucoup considèrent le bronzage comme un élément esthétique attractif et un signe de bonne santé. Cependant, le bronzage est d’abord un signe d’agression solaire, rappellent-ils. » Il représente une tentative de la peau de se défendre vis-à-vis d’une nuisance future…» explique le Docteur Maselis.

Le risque de développer un mélanome est plus grand chez les personnes à peau très claire qui développent des taches de rousseur et qui brûlent facilement au soleil lorsqu’elles s’exposent. Ce risque est également augmenté chez celles et ceux qui sont porteurs d’un très grand nombre de grains de beauté.

Alors pour éviter de gonfler les statistiques des cancers de la peau, un mot d’ordre: protégez-vous!

Les cancers de la peau affectent le plus souvent les personnes de plus de 50 ans qui ont été beaucoup exposées au soleil. Le mélanome, lui, peut survenir aussi chez de jeunes adultes.

RDV annuel chez votre dermatologue
Et aussi bon que soit votre sens des responsabilités à bien vous protéger, cela ne vous dispense pas de contrôler vos grains de beauté, surtout s’il y a des antécédents de mélanome dans la famille (par exemple quelqu’un qui a été opéré d’un mélanome). Quelques signes vous permettent de ne pas passer à côté. Prenez l’habitude d’observer attentivement votre peau une fois par mois. Observez tout votre corps, l’avant et l’arrière, de préférence devant un grand miroir.

Des signes d’alerte
Si un grain de beauté devient épais, augmente de taille ou si sa bordure devient irrégulière, s’il change de couleur, prend une couleur non homogène ou un caractère bicolore ou inflammatoire (rougeur), c’est suspect. Il faut consulter de toute urgence! L’idéal est d’ailleurs de passer une fois par an chez votre dermatologue pour faire contrôler vos grains de beauté et toute votre peau de haut en bas!

L’auto-examen cutané régulier est la meilleure façon de se familiariser avec les taches pigmentées et les grains de beauté. Toute modification nécessite l’avis d’un dermatologue.

Dans 15 à 20% des cas, le mélanome se développe à partir d’un grain de beauté. Celui-ci augmente de volume, change de couleur ou se met à saigner souvent. Dans les autres cas, le mélanome se développe progressivement sur une surface de peau saine sous la forme d’une petite tache pigmentée plane.

Face au soleil, il y a des règles simples, de bon sens à toujours respecter!
– Les longues séances de bronzage sont fortement déconseillées.
– Ne vous exposez pas au soleil entre 11 heures et 15 heures.
– Portez des vêtements, des chapeaux, des lunettes de soleil.
– Sur les zones exposées, appliquez une crème solaire d’indice de protection élevé (30 à 50), en quantité suffisante et répétez l’application toutes les 2 heures, et après chaque baignade (en vacances, mais aussi en Belgique).
– Allez au soleil prudemment, graduellement. Evitez les coups de soleil!
– Votre peau ne devrait pas rougir.
Si vous avez mal et que des bulles se forment, votre coup de soleil est sévère.
– Ne pas exposer (pas du tout!) les nourrissons au soleil.
– Protégez particulièrement les enfants.
– Evitez les bancs solaires.

Plus d’info: www.euromelanoma.org

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