La ménopause: la fin de ma vie sexuelle? - VivaSanté

La ménopause: la fin de ma vie sexuelle?

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L’arrivée de la ménopause est souvent déstabilisante et plus d’un quart des femmes se retrouvent gênées par de la fatigue, des bouffées de chaleur, des kilos en trop… Quand les sueurs nocturnes perturbent les nuits, que l’humeur fait des montagnes russes, la femme n’a plus trop la tête à la bagatelle…

«Près d’une femme sur deux autour de la cinquantaine a l’impression que sa libido se met brutalement en berne. Inversement, 10% de ces femmes ont une libido qui monte en flèche.»

Qu’est-ce que la ménopause?

C’est le moment où les règles s’arrêtent complètement car les ovaires ont cessé de fonctionner. Ils ne libèrent plus d’ovules et ne secrètent plus d’œstrogènes, ni de progestérone. En général, elle survient entre 48 et 52 ans. Hormis la fin des règles, les signes les plus courants sont: les bouffées de chaleur, les crises de sueur nocturne et une sécheresse vaginale. Certaines femmes souffrent également de troubles du sommeil, de l’humeur, de migraine, d’ostéoporose. Mais d’autres passent aussi le cap de la ménopause sans symptômes particuliers.

La ménopause, ce n’est que la fin d’une vie de fécondité qui a commencé en réalité à la puberté et qui a duré en moyenne 35 années consécutives.

Quid de la sexualité?

Le rôle trophique (nourricier) des hormones sur les organes génitaux disparaissant à la ménopause, il s’en suit progressivement une atrophie uro-génitale, avec amincissement des muqueuses vaginales et un certain relâchement des différentes parties sexuelles. Elle est généralement accompagnée d’une sécheresse vaginale et d’une baisse de la libido, liées elles aussi à la chute des oestrogènes. Les rapports sexuels peuvent devenir douloureux et perturbent la vie intime du couple.

Des solutions?

A la ménopause, il est tout à fait possible pour une femme de continuer à avoir une vie sexuelle satisfaisante, et ceci pendant longtemps… à condition de bien se nourrir, de faire un minimum d’activité physique et de suivre un traitement hormonal substitutif lorsqu’il s’impose et avec le suivi de son gynécologue.

La première solution, à discuter avec votre médecin, est de prendre une hormonothérapie dite de substitution, qui a pour objectif de remplacer, à la dose la plus basse possible, les hormones sécrétées naturellement par votre corps avant l’âge de la ménopause. Après de nombreuses critiques et d’avis contradictoires, cette hormonothérapie est aujourd’hui beaucoup mieux codifiée et votre gynécologue peut vous apporter la solution la plus adéquate en fonction de votre profil, de vos antécédents… (voie orale ou transdermique, dosage, durée de prise, qualité des hormones à prendre).

Pour les femmes qui ne peuvent ou ne veulent pas recourir à cette solution, elles peuvent se tourner vers d’autres approches telles que la phytothérapie. Une quinzaine de plantes dites oestrogéno-mimétiques (des plantes qui «miment» l’effet des oestrogènes) peuvent potentiellement améliorer le confort vaginal: la sauge, l’actée en grappe, le houblon, le trèfle rouge, le lin, le soja… Le conseil du médecin reste là aussi indispensable.

Les hormones sexuelles érotisent le cerveau, alimentent le désir et la libido.

«Il est important de distinguer sécheresse et lubrification vaginale», insiste le Dr Mares, gynécologue. «Leur confusion est fréquente et peut entraîner un retard de prise en charge et une aggravation des douleurs». La sécheresse est en général hormono-dépendante, constante, et se développe dans tout le vagin. La lubrification est liée au désir et à l’acte sexuel dont elle assure la réalisation harmonieuse.

45 à 57% des femmes ménopausées souffrent d’inconforts liés à une atrophie vulvo-vaginale.

«La place des traitements locaux formulés avec de l’acide hyaluronique (lubrifiant et hydratant) est de plus en plus large dans la prise en charge de ces troubles. Ils présentent l’avantage de ne comporter aucune contre-indication de nature hormonale, d’être maniables de façon ponctuelle ou en traitement de fond», insiste le Dr Mares.

Une toilette intime avec un gel lavant hydratant est conseillée pour limiter la sécheresse vaginale et protéger la zone vulvaire des infections. Dans le choix de votre soin d’hygiène intime, demandez conseil à votre pharmacien ou médecin. Ils vous proposeront un soin lavant hydratant, qui respecte les caractéristiques physiologiques de votre intimité.

La ménopause ne sonne nullement l’heure de la retraite sexuelle! Pas question de jeter l’éponge comme nos arrière-grand-mères! Près de 90% des 50-70 ans vivant en couple poursuivent aujourd’hui une vie sexuelle alors qu’ils n’étaient que 53% en 1970. La vie amoureuse après la ménopause dépend beaucoup de la qualité des relations sexuelles et affectives antérieures.

Certains s’installent néanmoins dans l’abstinence parce que leur libido n’est pas très élevée et qu’ils ont investi d’autres centres d’intérêt de complicité. La tendresse suffit parfois pour continuer à s’aimer jusqu’au bout de la vie…

Ne pas confondre sécheresse et lubrification

La sécheresse, qui s’installe par manque d’œstrogène, n’a rien à voir avec la lubrification intervenant ponctuellement au moment de l’acte sexuel. Lorsque le désir monte, tandis qu’il provoque l’érection chez l’homme, il déclenche chez la femme la sécrétion, par les glandes de la région génitale, d’un liquide très lubrifiant. Parallèlement, l’excitation provoque un gonflement des vaisseaux sanguins au niveau des parois du vagin, dont les pores émettent des gouttelettes qui tapissent les parois vaginales et la vulve. Cette «rosée du désir» facilite le confort de la pénétration et le plaisir. Même à la ménopause, elle n’a aucune raison de diminuer…

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