La santé est dans l’eau! - VivaSanté

La santé est dans l’eau!

En collaboration avec le Professeur Philippe Goyens (Unité de nutrition et métabolisme, service de pédiatrie à l’Hôpital Universitaire des Enfants Reine Fabiola, Bruxelles)

On le sait, l’eau est indispensable à l’équilibre de notre organisme. Mais quelle eau boire? En quelle quantité? Et à quel moment?

L’eau est le principal constituant des êtres vivants. Elle est nécessaire à la vie de nos cellules et permet la circulation du sang. Ainsi, une bonne hydratation quotidienne prévient les calculs rénaux et les infections urinaires. Au contraire, une déshydratation importante peut être grave et même entraîner la mort, surtout chez les personnes les plus fragiles (seniors, nourrissons, malades). S’hydrater est donc essentiel.

Les recommandations en matière d’eau
C’est une réalité incontournable: l’eau est le constituant le plus abondant du corps humain. «L’eau est un solvant; c’est le milieu dans lequel se déroule l’essentiel des réactions biochimiques», rappelle à ce titre le Professeur Philippe Goyens, pédiatre de l’Unité de nutrition et métabolisme, à l’Hôpital Universitaire des Enfants Reine Fabiola (HUDERF). «L’eau sert en outre de vecteur des échanges entre les cellules et les tissus. Elle contribue au maintien de la bonne température ainsi qu’à l’équilibre acide-base».

Les sportifs penseront à s’hydrater pendant et après l’effort. Une consommation de 0,5 à 1 litre d’eau par heure de sport, et de 0,5 litre en phase de récupération est une bonne moyenne.
Nourrissons et personnes âgées sont plus touchés par la déshydratation, il est nécessaire de leur proposer régulièrement de l’eau. Les personnes âgées perdent progressivement la sensation de soif, alors que leurs besoins en eau restent les mêmes. Elles devraient donc boire régulièrement tout au long de la journée pour conserver un état d’hydratation optimum.

Enfants: leur apprendre à boire régulièrement
Un fait incontestable est la plus grande vulnérabilité du nourrisson et de l’enfant par rapport à l’adulte en cas d’apports insuffisants en eau. Cela s’explique par plusieurs raisons. «D’une part, il y a l’immaturité des systèmes de régulation», explique le Professeur Philippe Goyens. «D’autre part, les pertes urinaires et fécales, mais aussi par évaporation (peau ou respiration) sont proportionnellement plus importantes que chez l’adulte. Ces pertes augmentent lors de l’effort physique, de l’exposition à des températures élevées ou en cas de maladie (fièvre…).

Les conséquences de cette perte en eau s’avèrent plus précoces et plus sévères chez le nourrisson que chez l’adulte. Suite à une diarrhée banale, par exemple, un bébé pourra facilement être victime de déshydratation sévère».

Les enfants plus vulnérables face à la déshydratation
A peine 10% des enfants belges âgés de 8 à 12 ans s’hydratent suffisamment, selon une étude menée auprès de 1.197 élèves. Ils boivent en moyenne moins d’un litre par jour, ce qui est très inférieur aux recommandations nutritionnelles. Tous ces résultats sont inquiétants, dans la mesure où une bonne hydratation est essentielle au bon développement de l’enfant. Selon le Pr Philippe Goyens, même légère, une déshydratation a des conséquences. Ainsi, une perte d’eau à hauteur de 1% de la masse corporelle affecte les performances physiques et l’appétit.

À partir de 2%, on observe des troubles de la concentration et des fonctions cognitives. Dès 4%, le manque d’eau est responsable de somnolence, d’irritabilité et de maux de tête. Le seuil critique est fixé à 8%, avec des pertes de conscience, voire un décès. Finalement, si l’eau est importante pour le corps, elle ne l’est pas moins pour le cerveau et le comportement de l’enfant.

«L’eau est le constituant principal de notre organisme: elle intervient dans de nombreuses fonctions métaboliques et joue un rôle clé dans la concentration et la mémorisation», fait par ailleurs remarquer Isabelle Guelinckx, Fluid Intake Scientist chez Danone Research. «Or, les enfants n’expriment pas toujours leur soif et leur système de régulation de la température corporelle semble un peu moins performant que celui des adultes».

«C’est pourquoi il est essentiel d’avoir pour eux ce réflexe ‘hydratation’ et de veiller à ce qu’ils boivent suffisamment d’eau tout au long de la journée, à la maison comme à l’école, et ce, au moins 3 à 4 fois par jour», ajoute pour sa part Isabelle Thiébaut, diététicienne pédiatrique et Maître en Santé publique pour le Club européen des diététiciens de l’enfance.

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L’eau, c’est de l’eau?

Il existe plusieurs sortes d’eaux. Les eaux dites «naturelles», telles que l’eau minérale naturelle et l’eau de source, passent, pour ainsi dire, du sous-sol à la bouteille et sont pures ou potables dans leur état naturel. D’autres eaux, comme l’eau de distribution et l’eau de table, doivent d’abord être traitées avant d’être potables.

Les eaux minérales
L’eau minérale naturelle se distingue des autres eaux par certaines caractéristiques:
toujours d’origine souterraine, elle se constitue tout au long de son parcours hydrogéologique à l’abri de tout risque de pollution humaine. C’est donc une eau microbiologiquement saine et naturellement pure, qui est embouteillée sans être touchée par la main de l’homme.

En effet, aucun traitement chimique de désinfection ni aucune addition de molécule chimique de conservation ne viennent perturber sa composition 100% naturelle. Plate ou gazeuse, sa composition minérale est définie, parfaitement stable, unique et garantie dans le temps. Une eau minérale naturelle contient des minéraux et des oligo-éléments.

Les consommateurs peuvent choisir entre différentes eaux minérales naturelles. Chaque eau minérale naturelle a sa propre composition spécifique et donc son goût spécifique dépendant de la composition du sous-sol.

L’eau du robinet
Soumise à des normes sanitaires très strictes, l’eau courante est le produit alimentaire le plus contrôlé. La Belgique impose en effet des seuils (quantité d’un élément que l’on peut retrouver dans l’eau sans risquer d’affecter sa santé à long terme) bien en-dessous de ceux préconisés par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Au niveau microbiologique, on peut être à 100% rassuré sur la qualité de nos eaux du robinet.

Au niveau chimique par contre, l’eau du robinet contient des nitrates. Utilisés dans les engrais, ils infiltrent les sols, donc les sources d’eau naturelles (nappes phréatiques, rivières, lacs…) qui nous alimentent en eau courante. L’eau courante contient également du chlore. Si celui-ci présente l’avantage d’empêcher toute contamination bactérienne, il peut parfois altérer la flore de notre tube digestif. Sans oublier la présence possible variable de micropolluants (pesticides, fongicides, antibiotiques…).

L’eau filtrée
On vend de plus en plus de systèmes de filtration. Les plus connus sont les carafes qui améliorent la qualité de l’eau en procédant à un second «nettoyage», puisqu’elles filtrent plus particulièrement le chlore, le plomb, une partie du calcium et de l’aluminium. Pour un bon usage, il faudrait changer la recharge plus souvent et laver la carafe tous les jours, sous peine de cultiver champignons et moisissures.
Le filtrage de l’eau du robinet le plus efficace est le système de purification par «osmose inverse», capable d’éliminer des particules de taille inférieure au millième de micron. Il se branche sur les canalisations avant l’arrivée d’eau ou sur le robinet.

Boire avant la soif
Eau du robinet, eau en bouteille, eau revitalisée… L’important, rappellent les professionnels de la santé, c’est de boire, car nous sommes tous déshydratés. Non seulement nous buvons mal, mais nous buvons aussi trop peu. Dans l’idéal, nous devrions boire entre un litre et demi et deux litres d’eau pure par jour (sans compter bien évidemment le vin, le thé ou le café). Et souvent, lorsque nous avons soif, il est trop tard: on estime qu’il manque alors un demi-litre d’eau dans notre corps. Une astuce pour boire plus: oublier ses bonnes manières et boire à la bouteille, on en consomme ainsi deux fois plus qu’au verre.

Eaux minérales: à chacune sa composition
Le long parcours souterrain des eaux minérales naturelles leur confère leur minéralisation particulière (de très faiblement minéralisée à moyennement minéralisée); chaque eau ayant sa propre composition et donc son goût spécifique. On distingue plusieurs types d’allégations relatives au degré de la minéralisation.
– Les eaux riches en magnésium (Hépar, Badoit…) sont conseillées contre certains troubles digestifs et en cas de spasmophilie.
– Les eaux riches en calcium (Contrex, San Pellegrino) sont préconisées pour réduire ou prévenir les – Les eaux riches en sulfates (Vittel) possèdent des propriétés diurétiques. Elles agissent également sur – Les eaux riches en bicarbonates (Vichy) agissent sur les organes digestifs, favorisant les sécrétions gastriques, biliaires et pancréatiques.
– Les eaux faiblement minéralisées (Evian).

Est-il recommandé de changer d’eau régulièrement?
Une eau très chargée en minéraux n’est pas forcément adaptée à une consommation quotidienne. Ainsi, si l’alimentation comporte suffisamment de produits laitiers (sources de calcium), une eau riche en calcium ne se justifiera pas, ou alors en petites quantités. En revanche, les eaux faiblement minéralisées peuvent être bues à volonté sans changer de marque d’eau.

Toutes les eaux ont-elles le même goût?
On sait que la composition d’une eau influence son goût, même si, la plupart du temps, on ne peut pas identifier les éléments qui entrent en jeu. En-dehors des eaux très riches en sulfate de calcium, qui leur donne une saveur prononcée si caractéristique, on pense en effet que c’est l’interaction de l’ensemble des minéraux qui détermine le goût d’une eau.

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