Le psoriasis… mieux le connaître pour ne plus en avoir peur! - VivaSanté

Le psoriasis… mieux le connaître pour ne plus en avoir peur!

Selon les estimations, 300.000 Belges souffrent de psoriasis. Ce chiffre est cependant sous-estimé car de nombreux patients se soignent seuls et d’autres supportent leur maladie sans consulter. Mais à côté des lésions visibles, c’est le regard des autres qui blesse…

Si, aujourd’hui, le psoriasis ne se guérit pas encore, grâce à l’avancée des connaissances, de nouveaux médicaments permettent de garder la maladie sous contrôle.
Rencontre avec les Docteurs Jo Lambert et Jessica Bostoen, du Service de Dermatologie de l’UZ Gent.

Comment reconnaît-on le psoriasis?
Le psoriasis est une affection cutanée inflammatoire chronique dite auto-immune (c-à-d liée à un ‘dérèglement’ du système immunitaire). Le psoriasis en plaques est la forme la plus fréquente (plus de 90% des cas). Il est caractérisé par l’apparition de plaques rouges recouvertes de squames blanchâtres, qui se situent le plus souvent sur le cuir chevelu, les coudes et les genoux, et parfois aussi sur d’autres parties du corps.

Il y a deux composantes dans son apparition: une prédisposition génétique et un facteur environnemental (stress, médicaments, infection,…), qui joue un rôle déclencheur. La maladie étant liée à une anomalie du système immunitaire et du fonctionnement de la peau, elle n’est donc pas «dans la tête». Et elle n’est pas davantage contagieuse! En revanche, l’état neuropsychique, notamment le stress, a un impact sur la survenue des poussées: c’est un élément aggravant.

Le cuir chevelu et les coudes sont des zones souvent touchées par le psoriasis.

Le psoriasis peut-il être associé à d’autres maladies?
Oui. Celles-ci peuvent provenir d’une prédisposition génétique, d’effets secondaires liés aux traitements du psoriasis, du mode de vie des patients psoriasiques ou, découverte plus récente, de la nature inflammatoire chronique du psoriasis. Environ 20% des patients atteints de psoriasis souffrent aussi d’une inflammation des articulations appelée arthrite psoriasique.

Plus le psoriasis cutané est sévère, plus le risque de voir survenir une inflammation articulaire est important. Les dernières phalanges des doigts et des orteils sont souvent touchées, mais d’autres articulations peuvent aussi être atteintes, de même que la colonne vertébrale. Les dermatologues recherchent aussi chez la personne souffrant de psoriasis sévère l’éventuelle présence d’un syndrome métabolique (diabète, hypertension,…).

Quel est le but du traitement?
Le traitement a pour principal objectif de maîtriser les symptômes, mais aussi d’apprendre aux patients à mieux vivre le caractère chronique de l’affection, de diminuer la charge psychosociale et de prévenir les complications générales. Pour ce faire, en plus de soins médicaux optimaux, un encadrement psychologique et un soutien pour faciliter les modifications du mode de vie sont nécessaires.

Quel est le traitement contre le psoriasis?
Il n’y a pas un traitement, mais des traitements prescrits en fonction du type de psoriasis, de la sévérité et du patient. Les traitements ont aujourd’hui changé la vie des patients: des solutions existent! «Nous ne pouvons certes pas promettre une guérison définitive, mais les patients sont loin d’avoir des plaques tout le temps. Il peut y avoir des rémissions de plusieurs mois, voire plusieurs années, car des traitements permettent de prévenir les poussées.

On dispose aujourd’hui de moyens thérapeutiques très variés et même les formes chroniques se soignent de mieux en mieux.» Parmi l’arsenal thérapeutique disponible, il existe des traitements topiques par voie locale à base de corticoïdes ou de dérivés de la vitamine D. Lorsque ces traitements échouent ou sont insuffisants, la photothérapie et la puvathérapie peuvent également donner de bons résultats. Pour les psoriasis plus sévères, des traitements par voie orale à base d’immunosuppresseurs (méthotrexate, ciclosporine) peuvent être proposés.

Enfin, les récents traitements de biothérapie représentent un nouvel espoir. Quels que soient la gravité de la maladie et le type de traitement prescrit, il faut également utiliser des émollients. Ils hydratent la peau, élément indispensable au confort, et peuvent améliorer le ressenti du psoriasis. Ils doivent être appliqués sur une peau propre et légèrement humide en faisant pénétrer le produit par un massage doux et prolongé.

Il n’existe aucun «remède miracle» contre le psoriasis: tous les traitements demandent du temps et aucun n’apporte de guérison définitive. Mais les périodes de rémission peuvent être longues.

Quelles sont les difficultés rencontrées lors du traitement?
«Le problème le plus fréquemment rencontré est ce que nous appelons la mauvaise adhérence au traitement, c’est-à-dire que le patient ne se soigne pas de façon optimale, ce qui peut être à l’origine d’une inefficacité partielle ou totale du traitement et peut même être responsable de certains effets secondaires.» La non-adhérence peut s’élever jusqu’à 50%, ce qui est énorme.

Il faut y remédier! Plusieurs raisons expliquent cette non-observance: certains patients n’achètent pas leur traitement, d’autres diminuent les doses des médicaments prescrits. L’adhésion aux traitements locaux du psoriasis est aussi limitée par les contraintes ou difficultés d’application: zones difficiles à atteindre, excipient gras, salissant, multiplicité des applications quotidiennes, effets secondaires ou peur des effets secondaires, etc.

Quels sont vos conseils pour encourager cette bonne adhérence au traitement?
L’enjeu de l’adhérence thérapeutique consiste à améliorer la qualité de vie des malades, optimiser l’efficacité du traitement et minimiser le risque potentiel d’effets secondaires. Les traitements actuellement disponibles sur le marché sont dotés d’une efficacité allant de bonne à remarquable, mais leur efficacité «vraie» dépend en réalité de leur bon usage.

La première règle d’une bonne adhésion thérapeutique consiste à déterminer le traitement le mieux adapté, en fonction des éléments suivants: type et sévérité du psoriasis, localisation, mode de vie du patient et ses attentes personnelles et/ou familiales dans la vie, contraintes et projets professionnels, objectifs poursuivis par rapport à la maladie, sans jamais chercher à tout prix le blanchiment complet.

Tous les partenaires de santé (médecin, pharmacien, psychologues, infirmiers) doivent être impliqués dans sa prise en charge: rassurer, encourager, expliquer… Il faut aussi intégrer la dimension psychologique de cette maladie, trop souvent mal vécue à cause du regard des autres.

Si vous souffrez de psoriasis, demandez des informations à votre médecin et à votre pharmacien. Bien comprendre sa maladie permet une meilleure prise en charge du traitement.

Désamorcer les fausses croyances
– Le psoriasis n’est pas contagieux.
– Le psoriasis n’est pas causé par un manque d’hygiène. Mais l’hygiène est importante dans le traitement.
– Le psoriasis n’empêche pas d’aller nager.
L’alimentation n’a pas d’influence sur le psoriasis. Suivre un régime particulier n’a donc pas de sens.

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