L’épidémie de Sida: un combat toujours bien nécessaire… - VivaSanté

L’épidémie de Sida: un combat toujours bien nécessaire…

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Aujourd’hui, la Belgique se situe à un des plus hauts taux d’infection par le VIH/SIDA depuis le début de l’épidémie – au début des années 1980, avec plus de 1.100 nouveaux cas en 2013. En moyenne, 3 personnes sont infectées chaque jour en Belgique. Même si le sida tue moins grâce aux innovations thérapeutiques, la mobilisation s’impose toujours pour enrayer la banalisation et la progression de cette maladie.

1.115 infections par le VIH l’an dernier
En 2013, 1.115 infections par le VIH ont été diagnostiquées en Belgique, soit une moyenne de 3,1 nouveaux diagnostics par jour. L’épidémie se concentre surtout dans deux populations: les homosexuels, majoritairement de nationalité belge et européenne, et les personnes ayant contracté le virus lors de rapports hétérosexuels et principalement issues d’Afrique subsaharienne.

Tels sont deux des constats de l’Institut scientifique de Santé Publique (ISP), qui décortique annuellement la situation épidémiologique du VIH/sida dans nos frontières. C’est à Bruxelles et dans la province d’Anvers que les plus hauts taux de diagnostics VIH par habitant ont été enregistrés (respectivement 21 et 10 diagnostics/100.000 habitants).

Mais où en sommes-nous, par rapport à 2012? Un recul de 9% est constaté, mais 2012 constituait, avec 1.227 nouveaux cas identifiés, un pic depuis le début de l’épidémie. Sur les 28 dernières années, on a oscillé entre 1,9 et 3,4 nouveaux diagnostics quotidiens.

Quelles sont les modes de contamination?
– Les rapports sexuels avec pénétration vaginale ou anale (ou autres pratiques sexuelles) sans préservatif.
– Tout contact avec du sang contaminé (partage de seringues et/ou d’autre matériel: coton, cuillère, garrot, eau…).
– Il y a aussi un risque de contamination de la mère séropositive à son enfant durant la grossesse.

Le virus ne se transmet pas par les larmes, la sueur, la salive, la toux et les éternuements, les piqûres d’insectes, les poignées de mains, les baisers (pour autant qu’il n’y ait pas de lésions ouvertes avec échange de sang possible)… Les soins dentaires, le piercing et le tatouage sont également sans risques si les règles d’hygiène sont respectées et que le matériel est stérile ou à usage unique, conditions qui ne sont pas respectées dans de nombreux cas.

En 2013, en Belgique, les contacts sexuels entre hommes sont devenus, pour les nouvelles infections où le mode de contamination est rapporté, la voie la plus fréquente, franchissant la barre des 50%.

J’ai pris un risque hier… Ne perdez pas de temps!
Un préservatif qui se déchire, une aventure imprévue, un viol, une seringue non stérile… S’il y a un risque que vous soyez infecté par le VIH, rendez-vous le plus rapidement possible (dans les 48h!) dans un centre de planning familial, dans un centre de dépistage ou dans un hôpital. Des traitements de première intention existent aujourd’hui pour lutter précocement contre le sida, armes d’autant plus efficaces qu’elles sont utilisées rapidement.
Pour trouver les adresses de ces centres: www.preventionsida.org

Des traitements de plus en plus performants

Le traitement du sida repose aujourd’hui le plus souvent sur l’association de plusieurs médicaments anti-rétroviraux, certains empêchant la formation de certaines protéines dont le virus a besoin pour survivre, d’autres inhibant la fixation du VIH sur les lymphocytes CD4.

Un des grands progrès étant que toutes ces molécules actives peuvent se retrouver dans une seule gélule favorisant la bonne observance du traitement. S’ils ont facilement accès aux traitements anti-rétroviraux, les personnes atteintes du VIH ont une espérance de vie désormais très proche de celle de la population globale.

Mais les causes de maladie et de décès non liées au sida gagnent en importance chez ces malades. Ceux-ci présentent un taux d’exposition particulièrement élevé à certains facteurs de risque, tels que le tabagisme et la co-infection par une hépatite. Par ailleurs, le virus est source d’inflammation et entraîne un dérèglement du système immunitaire, ce qui peut à nouveau être à l’origine de maladies spécifiques.

Enfin, le traitement anti-rétroviral s’accompagne d’effets secondaires comme le diabète et les troubles lipidiques. Etant donné que les patients atteints du VIH prennent ce traitement à vie, l’allongement de leur espérance de vie s’accompagne simultanément d’une augmentation de la durée de traitement. Il importe donc de contrôler aussi les effets secondaires potentiels, encore inconnus, du traitement anti-rétroviral sur le plus long terme.

L’allongement de l’espérance de vie des malades s’accompagne simultanément d’une augmentation de la durée de traitement. Il est donc important de contrôler aussi les effets secondaires potentiels encore inconnus, du traitement anti-rétroviral sur le plus long terme.

Le safe sex, c’est quoi?
Pratiquer le safe sex, c’est mettre un préservatif lors de chaque rapport sexuel: outre la prévention du sida, le préservatif permet de limiter le risque de toutes les infections sexuellement transmissibles (IST), aux conséquences parfois redoutables.

Ne pas relâcher la prévention
Le message est sans appel! Le sida se soigne, mais ne se guérit toujours pas. Le seul moyen de lutter efficacement contre sa propagation, c’est la prévention, la connaissance et l’utilisation des moyens de protection. Le préservatif est un moyen de protection efficace contre le sida et contre certaines autres infections sexuellement transmissibles (IST). Il doit être utilisé lors de la pénétration vaginale ou anale. La fellation est aussi une pratique à risques. Il est dès lors recommandé d’utiliser le préservatif lors de la fellation.

Un dépistage trop tardif
Le dépistage du sida doit être un élément majeur de notre politique de santé. Il est en effet essentiel de comprendre que si plus de 14.000 personnes infectées par le VIH sont traitées en Belgique, beaucoup d’autres sont sans doute séropositives sans le savoir.

De plus, 39% des personnes touchées sont détectées à un stade tardif. Cette méconnaissance est une véritable perte de chance! C’est pourquoi toute personne ayant eu un comportement à risque (drogues intraveineuses, oubli ou préservatif défectueux…) devrait pouvoir bénéficier d’un dépistage.

Le dépistage est pourtant facile! Une simple prise de sang! Pour que le test soit fiable, un délai de 3 mois est requis entre une prise de risque et le test, une période qui correspond à la synthèse des anticorps. En cas de résultat positif, le même échantillon est soumis à un test de confirmation plus sensible que le premier. Les résultats sont disponibles en une semaine.

 

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