Les yaourts: une diversité à recommander - VivaSanté

Les yaourts: une diversité à recommander

Les Journées Francophones de Nutrition se sont déroulées du 10 au 12 décembre à Bruxelles. Lors du symposium dédié aux données récentes relatives aux yaourts, les experts scientifiques ont rappelé toute l’importance de la consommation de ces produits laitiers dans le cadre d’une alimentation variée et équilibrée.

Les yaourts, une évidence pour les intolérants au lactose
L’activité de la lactase (enzyme hydrolysant le lactose en glucose et galactose absorbable par l’intestin grêle) varie au cours de l’existence, a expliqué le Pr Jean-Louis Bresson (Hôpital Necker, Paris) lors de sa présentation. Son activité est très élevée chez le nourrisson à terme, puis diminue progressivement au cours des premières années de la vie, de sorte qu’elle est très faible chez 65-70% des adultes de la population mondiale.

La non-persistance de la lactase (NPL) est donc une évolution physiologique, commune à tous les mammifères, espèce humaine comprise. En absence partielle ou totale de lactase, le lactose non digéré atteint le côlon où il est fermenté par les bactéries, produisant notamment des acides organiques et de l’hydrogène induisant les symptômes d’intolérance au lactose. Le traitement de la NPL consiste trop souvent à exclure tous les produits avec du lactose.

Afin de pallier les risques de déficiences nutritionnelles (en calcium et vitamine D notamment), il est important de maintenir un apport de produits laitiers. La solution confirmée par des études (1) est la consommation de yaourt contenant les deux souches Lactobacillus bulgaricus et Streptococcus thermophilus. Ces deux espèces bactériennes possèdent des parois membranaires particulièrement résistantes qui protègent leur lactase endogène contre l’acidité gastrique et les sels biliaires. Lors de la consommation de yaourt, la digestibilité du lactose contenu dans le produit est donc nettement améliorée et peut atteindre jusqu’à 90% de la charge. Cette propriété a par ailleurs été validée par l’EFSA (2).

La consommation de yaourt est une solution peu contraignante et tout à fait satisfaisante d’un point de vue nutritionnel pour les patient qui digèrent mal le lactose.

Yaourts et maladies métaboliques: quelles actions?
Lors de sa présentation, le Dr Frédéric Fumeron (INSERM) a passé en revue de nombreuses études qui ont analysé le lien entre consommation de yaourt et maladies métaboliques. Une étude récente, puisque publiée ce mois de novembre, portant sur trois cohortes (incluant près de 195.000 hommes et femmes) a permis de montrer que la consommation d’au moins deux yaourts par semaine est associée à une réduction du risque de développer un diabète de type 2 de 12% (3).

La méta-analyse la plus récente  incluant ce résultat, de l’équipe du Professeur Walter Willett (Harvard School of Public Health), montre une réduction du risque de diabète de type 2 de 18% pour une consommation d’un yaourt par jour. Cette étude confirme des études plus anciennes. En effet, l’étude française D.E.S.I.R. (qui a suivi 5.212 volontaires durant neuf ans) a également montré une relation inverse entre la consommation de produits laitiers et la survenue du syndrome métabolique (4).

Une quinzaine d’études longitudinales et prospectives montrent également une relation inverse entre la consommation de produits laitiers et la survenue du syndrome métabolique et du diabète de type 2. L’étude NAHNES a suivi les consommations alimentaires et les caractéristiques cliniques de 4.519 personnes durant cinq ans. Cette étude a montré que les consommateurs d’au moins un yaourt par jour avaient un indice de masse corporelle et un tour de taille significativement inférieurs par rapport aux personnes qui ne consomment pas de yaourts. De plus, cette étude a montré une relation inverse entre la consommation de yaourts et la prévalence du syndrome métabolique (5).

La consommation de yaourt est associée à une réduction du risque de développer un diabète de type 2 et un syndrome métabolique. Cet effet se traduit sur les différentes variables métabolique et semble être associé à une diminution de la mortalité cardiovasculaire.

La consommation de produits laitiers frais, marqueur d’une meilleure alimentation
La consommation de yaourts est également le marqueur d’une meilleure «conduite nutritionnelle». Il existe une relation statistique positive entre le niveau de consommation de produits laitiers et la qualité de l’alimentation et l’adéquation des apports nutritionnels, a insisté le Dr Pascale Hebel (Département consommation du CREDOC, Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie).

Les grands consommateurs de produits laitiers frais adoptent un régime alimentaire global qui les conduit à avoir de meilleurs apports nutritionnels que les petits consommateurs (6). Il a été en effet constaté une consommation globale augmentée en minéraux (calcium, zinc, iode, magnésium…), en vitamines (B2, B6 et B9), en fruit et légumes frais et en fibres.
Les consommateurs de yaourts atteignent mieux certaines recommandations du Programme National Nutrition Santé, en particulier «3 à 4 produits laitiers par jour et 5 fruits et légumes par jour.»

L’EFSA reconnaît que le yaourt améliore la digestion du lactose
L’EFSA a validé en 2010 une allégation santé pour le yaourt sur l’amélioration de la digestion du lactose. Elle s’est basée sur 13 études cliniques qui ont clairement conclu à une diminution de l’excrétion d’hydrogène après ingestion d’un yaourt contenant 108cfu/g des deux espèces  Lactobacillus bulgaricus et Streptococcus thermophilus.

Références
1. Pelletier, X., Laure-Boussuge, S., & Donazzolo, Y. (2001). Hydrogen excretion upon ingestion of dairy products in lactose-intolerant male subjects: importance of the live flora. European journal of clinical nutrition, 55(6), 509-512.
2.    EFSA. Scientific opinion on the substantiation of health claims related to live yoghurt cultures and improved lactose digestion. EFSA Journal 2010;8(10):1763
3.    Chen M et al., Dairy consumption and risk of type 2 diabetes: 3 cohorts of US adults and an updated meta-analysis. BMC Med. 2014 Nov 25; 12:215
4.    Fumeron, F., et al., (2011). Dairy products and the metabolic syndrome in a prospective study, DESIR. Journal of the American College of Nutrition, 30(sup5), 454S-463S.
5.    Beydoun, M. A., et al., (2008). Ethnic differences in dairy and related nutrient consumption among US adults and their association with obesity, central obesity, and the metabolic syndrome. The American journal of clinical nutrition, 87(6), 1914-1925.
6.    Hébel, P., & Colin, J. (2013). P009 Association positive entre la consommation de produits laitiers frais et les indices de qualité de l’alimentation. Nutrition clinique et métabolisme, 27 (Supplement 1), S61-S62.

Share on Facebook0Tweet about this on TwitterShare on LinkedIn0Pin on Pinterest0Email this to someone

Articles similaires