La migraine est-elle devenue tabou? - VivaSanté

La migraine est-elle devenue tabou?

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Pas moins de 20 % de la population belge souffre de migraine. Pire encore : 50 % des migraineux dissimulent leur maladie au travail, souvent pas crainte d’être incompris. Une incompréhension qui trouve souvent sa source dans la méconnaissance de cette affection neuro-vasculaire invisible.

Dans le cadre de la « Semaine de la migraine » qui a lieu du 08 au 15 mai 2017, les organisateurs de celle-ci ont tenu une conférence sur le sujet, faisant suite à leur nouvelle campagne ‘Ne chachez pas votre migraine’.

D’après le neurologue Jan Versijpt de l’hôpital universitaire de Bruxelles, trop d’inconnues subsistent encore sur la migraine, malgré les nombreuses études. De très nombreux facteurs entrent en ligne de compte : prédispositions génétiques, sensibilité aux déclencheurs comme le stress, certains aliments, l’alcool, l’hypersensibilité à la lumière et au bruit… Cette maladie se manifeste en outre chez les patients sous des formes diverses. Il est donc particulièrement difficile de prescrire un traitement unique. Une chose ne fait aucun doute : les effets d’une crise de migraine sont désastreux. « Ce n’est pas un hasard si l’Organisation mondiale de la Santé attribue le plus haut degré d’invalidité à un jour de migraine, au même niveau que la démence et la tétraplégie », commente le professeur Versijpt.

Le neurologue Gianni Franco du CHU-UCL Namur-Dinant estime qu’il faut mettre la question sur la table : la migraine doit-elle être considérée comme un handicap ? D’après lui, oui. Plus encore que l’absentéisme, le présentéisme (continuer à travailler alors que c’est presque impossible) est un problème de taille lorsqu’un travailleur est sujet à une migraine. Sans cette reconnaissance, il ne sera pas simple de convaincre la population des effets néfastes d’une crise de migraine, d’autant plus qu’elle est, jusqu’à un certain point, une maladie « invisible ». Professor Versijpt se joint aux propos du Dr Franco : « L’une des problématiques est que la migraine touche principalement le groupe de la population active. Très souvent, ces personnes ne veulent pas s’avouer vaincues : nous constatons qu’elles s’obstinent à terminer leur journée de travail. »

D’après Alain Chaspierre et Jan Depoorter de L’Association Pharmaceutique Belge « le pharmacien est vraiment très accessible. Il peut aider le patient à détecter les premiers signes et lui fournir de plus amples informations et un accompagnement dans le cadre du traitement, après que le médecin a posé un diagnostic », explique Alain Chaspierre. Jan Depoorter ne peut qu’approuver : « Cette grande accessibilité du pharmacien est d’autant plus importante au vu des chiffres concernant le tabou sur la migraine. Nous voulons clairement faire passer le message que les migraineux parmi nous ne doivent plus cacher leur migraine, ils peuvent enlever leur masque, nous leur donnons des pistes (comme le journal de la migraine et les brochures d’informations) qui leur permettent de prendre les choses en mains et devenir maîtres de leur condition.

La Semaine de la migraine se poursuit dans les pharmacies belges jusqu’au samedi 20 mai. Les patients atteints de migraine pourront y trouver une brochure informative, un test et un journal de la migraine.

Source: rapport Ketchum
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