Prévenir et lutter contre l’hypercholestérolémie! - VivaSanté

Prévenir et lutter contre l’hypercholestérolémie!

 

Pour renforcer encore les conseils d’alimentation équilibrée et de vie saine, il est utile d’aborder l’intérêt de certains aliments ou compléments alimentaires qui ont démontré des effets positifs de réduction du cholestérol et de ses conséquences sur les artères, à savoir l’athérosclérose.
Ceux-ci ont d’ailleurs été discutés entre cardiologues au cours d’une récente réunion organisée par les spécialistes du Belgian Lipid Club.

 
Stérols et stanols
 
Le premier groupe de substances est représenté par les stérols et stanols, encore appelés phytostérols (“photo” signifiant “plantes”). Ce qui suggère immédiatement que ces substances se retrouveront en quantité importante dans les plantes, légumes et légumineuses*, fruits, grains* et noix, pour ne citer que les plus faciles. Divers produits disponibles sur le marché sont également enrichis en stérols et stanols: certains yoghourts, laits fermentés ou margarines permettent ainsi de garantir un apport suffisant de ces graisses végétales utiles pour notre santé!
On sait en effet qu’une dose située entre 1,6 et 3g par jour (ce qui semble être la dose optimale) permet de réduire le LDL-cholestérol (dit “mauvais cholestérol”) de l’ordre de 10% en quelques semaines, ce qui signifie une diminution du risque cardiovasculaire de 20%!
On mesure là tout l’intérêt qu’il y a à consommer à dose suffisante ces phytostérols! Et pour atteindre la dose suffisante, il convient de modifier fondamentalement notre apport via l’alimentation ou via les produits enrichis (margarines et
yoghourts, fromage frais…).
Les anti-oxydants
 
L’ubiquinone ou coenzyme Q10 intervient à de nombreux niveaux au sein de notre organisme: dans la production d’énergie au sein de nos cellules, en exerçant un effet anti-oxydant, c-à-d de protection de nos cellules. En l’absence d’anti-oxydants en quantité suffisante, le stress oxydatif devient trop important et détruit nos cellules; il a ainsi été mis en cause dans de nombreuses pathologies, parmi lesquelles l’obésité, les maladies coronariennes ou encore les maladies neurodégénératives.
La quantité de coenzyme Q10 dans nos tissus diminue avec l’âge et les modifications de notre alimentation ont peu d’impact pour contrer cette diminution. Il convient donc de l’ingérer sous forme de complément alimentaire. Chez les patients atteints de pathologie chronique, il semble intéressant de donner la forme active (ubiquinol) qui présente une meilleure absorption que l’ubiquinone.
Il a d’ailleurs été démontré chez des patients souffrant d’insuffisance cardiaque sévère, que le passage à la forme active “ubiquinol” s’accompagnait d’une meilleure performance de la fonction du coeur (qui éjectait mieux le sang) et aussi d’une amélioration significative des symptômes d’insuffisance cardiaque*.
Les personnes plus âgées ou celles souffrant de pathologies diverses ont donc tout intérêt à consommer la forme active “ubiquinol”.
D’autres anti-oxydants font également cruellement défaut dans notre alimentation: il en est ainsi de la vitamine E (dont la concentration est corrélée avec le profil sanguin en lipides), et des vitamine C et A qui agissent en synergie. Le sélénium soutient quant à lui l’action d’une enzyme anti-oxydante (appelée glutathion-peroxydase); un taux en sélénium suffisant dans le sang permet de réduire le risque d’accidents cardiaques d’origine ischémique, c-à-d par manque d’apport d’oxygène au muscle cardiaque. Sa dose journalière doit être limitée entre 50 à 70 microgrammes.
Oméga-3
 
Enfin, notre alimentation ne nous permet que rarement d’arriver à la quantité journalière requise en oméga-3, la majorité des gens atteignant à peine le tiers de l’apport journalier idéal. Ces oméga-3 sont dits essentiels parce que notre organisme ne sait pas les fabriquer et que tout leur apport doit donc venir de l’alimentation ou de compléments alimentaires.
Ce manque d’apport alimentaire se traduit dans nos régions par un rapport sanguin oméga-6/oméga-3 proche de 18 voire plus, alors que l’idéal serait un rapport de 4! On a d’ailleurs mis au point un “index oméga-3” (EPA + DHA/acides gras totaux) qui permet de prédire le risque de mort subite d’origine cardiaque (il doit normalement être supérieur à 7,5%).
Concrètement, les oméga-3 sont représentés par 3 acides gras principaux, tous importants, et se retrouvant dans les noix de Grenoble, le soja, les graines de lin (ALA*), les poissons gras (DHA et EPA*) tels que le saumon, les sardines et le maquereau. Une autre façon d’enrichir son alimentation en oméga-3 est de consommer des produits animaux issus de la filière oméga-3, c-à-d enrichis (oeufs, viande, beurre…) ou d’ingérer régulièrement des compléments alimentaires oméga-3 vendus en pharmacie.
En même temps, il convient de réduire notre consommation d’oméga-6 en bannissant l’huile de tournesol (et en la remplaçant par de l’huile de colza), les pépins de raisin, les produits à base de maïs. Tous les acides gras saturés – et plus encore ceux dits ‘trans’, encore présents dans de nombreuses préparations industrielles – peuvent quant à eux être considérés comme néfastes.

 

Dr Luc Colson
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