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Communiquer pour grandir ensemble!

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Beaucoup de parents se sentent aujourd’hui démunis devant les nouveaux comportements de leurs enfants et ont du mal à communiquer avec eux.

Jacques Salomé s’est imposé comme un véritable phénomène de communication. Son premier ouvrage, “Parle-moi, j’ai des choses à te dire”, a atteint plus de 500.000 exemplaires vendus, et l’ensemble de ses livres a rencontré quelque 3 millions de lecteurs. Il a su trouver un ton, une approche originale pour nous parler de ce qui nous touche tous: les problèmes de couple, d’éducation, d’expression de soi, de changement personnel…

Nous avons rencontré Jacques Salomé lors d’une conférence-débat organisée par Parent-Thèses et ses mots justes nous ont convaincu que même si la vie est parfois bien compliquée, être parents reste encore et toujours la plus extraordinaire aventure humaine!

Comment accueillir au mieux cet enfant que nous attendons tant?

J.S: Devenir parent, c’est être au cœur de deux mondes: le monde fait de tout ce que l’on a reçu et le monde fait de ce que l’on va transmettre. Parce que je suis au cœur de mes relations, il peut être important de faire un point sur mes relations en amont de ma vie, la relation à mes propres parents, afin de mieux savoir ce que je souhaite transmettre dans ma relation en aval, c’est-à-dire à mes enfants. Faire le tri et revisiter ce que j’ai appris de ce que je veux transmettre afin de ne pas reproduire ce qui n’a pas été bon, ajusté pour moi. Etre davantage à l’écoute de moi-même, dans cette période de grands changements qu’est l’arrivée d’un enfant, est très important.

Comment aider un enfant à grandir?

J.S: Peut-être qu’aujourd’hui, les parents ont oublié qu’ils ne sont pas là pour répondre aux désirs de leurs enfants mais essentiellement à leurs besoins. Et que la satisfaction de ces besoins implique d’exercer quelques fonctions parentales précises (papa/maman, père/mère, fermeté et souplesse dans les exigences, ne pas confondre sentiment et relation). Le plus beau cadeau que nous puissions faire à un enfant n’est pas tant de l’aimer que de lui apprendre à s’aimer. Savoir l’écouter et l’entendre dans le bon registre, répondre à ses besoins relationnels, ne pas faire pour lui, à sa place, mais avec lui, faire la différence entre ses besoins et ses désirs pour lui permettre de grandir jusqu’au jour où il nous quittera heureux de s’envoler pour de nouvelles découvertes.

Pourquoi est-il parfois si difficile d’être parents?

J.S: Et… oui, il est difficile d’être parent et nous sommes parfois démunis face aux réactions de nos enfants ou adolescents. En effet, les enfants sont des experts pour réveiller en nous l’ex-petite fille ou l’ex-petit garçon et tenter de mettre à jour les blessures non dites que nous portons toujours en nous. Je crois que chacun d’entre nous peut oublier, se souvenir ou revisiter chacun de ses enfants en fonction d’événements qui surgissent au cours de sa vie d’adulte et ainsi se réconcilier avec l’une ou l’autre de ses enfances. Certaines situations de l’enfance laissent des traces profondes, bonnes ou mauvaises. Le fait d’avoir des enfants réveille chez les adultes des émotions, des souvenirs ou encore réactive des blessures enfouies ou cachées. Au fond, être à l’écoute d’un enfant, c’est être capable d’avoir à la fois une écoute centrée sur ce que nous dit notre enfant et une écoute qui tente d’accéder à l’expression de son ressenti, des perceptions qui se sont inscrites en lui. Mais pour cela, il ne faut pas avoir peur de “réactiver” l’enfant qui est en nous.

Etre parent demande une double écoute, une écoute centrée sur notre enfant mais aussi une écoute centrée sur nous même pour entendre ce qui peut parfois retentir d’un mot, d’un comportement qui viendra réveiller un souvenir, une blessure de notre histoire.

Peut-on apprendre à être parent? 

Je crois qu’il n’est pas possible d’apprendre à être parents simplement en lisant un livre ou en écoutant des conseils. Les fonctions parentales s’apprennent avant tout grâce à nos expériences de parents, en élevant nos enfants.

Cependant, il est tout à fait possible d’introduire plus de conscience dans nos relations avec nos enfants et d’apprendre à communiquer avec eux avec certains repères et outils pour faire face aux situations du quotidien. La plupart de nos difficultés relationnelles résident dans des problèmes de communication. Ce qui est dit n’est pas ce qui est entendu, ce qui est source de beaucoup de souffrance et d’incompréhension.

Nous n’avons pas appris à communiquer et nous vivons pour beaucoup d’entre nous dans un système néfaste.

Ce système peut nous conduire à dévaloriser l’autre, à l’accuser, à le culpabiliser… parfois avec les meilleures intentions du monde! Par exemple, je vais dire à ma fille “tu devrais travailler plus en maths, tu vas encore avoir une mauvaise note…”, pour l’inciter à travailler plus.

Or ce type de messages est particulièrement nocif pour la relation. Il induit le doute et la dépendance chez l’autre, et notamment chez l’enfant. Pratiquées au quotidien, ces remarques conduisent notamment à une baisse de l’estime de soi, de la confiance en soi, de l’amour de soi…

Nous prenons conscience que nous sommes toujours trois dans la relation: moi, l’autre et la relation qui nous lie. Cette relation est symbolisée par une écharpe, un outil essentiel qui permet de visualiser que chacun est responsable de son bout de la relation, pas de celui de l’autre. Ceci va nous conduire à une règle d’hygiène relationnelle très importante: je parle de moi à l’autre, je ne parle plus sur l’autre. Utiliser le “je” pour témoigner de ce que je vis plutôt que le “tu” permet d’améliorer significativement la qualité des relations grâce à une communication authentique.

Finalement, vouloir faire le bonheur de son enfant à tout prix n’est-il pas une utopie?

JS: Vous avez tout à fait raison: il ne s’agit de vouloir à tout prix rendre nos enfants heureux car, dans ce cas, on dépose trop de nos angoisses, de nos peurs, de nos désirs ou de nos rêves avortés. Il ne s’agit pas non plus de “réparer” nos propres difficultés scolaires en voulant qu’ils réussissent en classe. Il s’agit de les accompagner: la fonction d’accompagnement est une fonction fondamentale qui consiste à être présent, attentif, soutenant, valorisant et surtout stimulant pour nos enfants. Si on apprenait la communication, et ce notamment à l’école, comme une matière à part entière, toute la vie de nos enfants serait transformée parce qu’ils apprendraient à communiquer non dans l’affrontement mais dans la confrontation (poser son point de vue devant celui de l’autre et non sur celui de l’autre), à exprimer leurs ressentis – ce qui éviterait les “passages à l’acte” sous forme de violences verbales ou physiques–, à agrandir leur réceptivité, leur disponibilité et leurs ressources, plutôt que de rester sur des positions défensives ou agressives.

Nous avons tous besoin d’une communication respectueuse des besoins relationnels de chacun (être entendu, valorisé, respecté) pour construire un monde où la paix pourra agrandir les possibles immenses de la vie.

A propos de Parents-thèses:

Parents-thèses est un espace de sensibilisation, de soutien et de partage destiné aux parents qui veulent prendre le temps de se poser pour réfléchir et débattre en compagnie d’experts et d’autres parents à ce qu’on veut transmettre à ses enfants ou pour tout simplement faire une parenthèse dans son quotidien.

Plus d’info: www.parents-theses.be

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