Le réchauffement climatique diminue notre taille? - VivaSanté

Le réchauffement climatique diminue notre taille?

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Notre taille a augmenté grâce à une meilleure alimentation et à de meilleurs soins de santé. Néanmoins, le réchauffement climatique pourrait bien renverser la vapeur.
Des chercheurs ont constaté que dans un passé lointain, les hausses de température ont engendré une diminution de la taille des mammifères et des oiseaux.

Le réchauffement climatique actuel n’est pas un scoop. Il est déjà arrivé dans le passé que le mercure s’emballe pendant une longue période. Accrochez-vous, les chiffres donnent le vertige. Le premier épisode s’est produit il y a 56 millions d’années, lors du passage entre le Paléocène et l’Éocène, d’où son nom de «maximum thermique du Paléocène/Éocène» (PETM en anglais). Cette hausse de température a duré 180.000 ans. Son origine est inconnue, mais les chercheurs savent avec certitude que la température terrestre globale a augmenté d’environ 5 à 8°C. Nous n’essayerons pas de comprendre en détail comment ils sont parvenus à cette conclusion; c’est le genre de chose que les climato-paléontologues lisent à livre ouvert dans les strates et les couches de glace. Quoi qu’il en soit, une végétation tropicale s’est développée dans les zones à climat tempéré original. De nouvelles espèces animales sont apparues. Environ 2 millions d’années plus tard, un second épisode moins spectaculaire lui a succédé. Ici, une augmentation de température équivalente à la moitié de celle du premier épisode a été enregistrée (maximum thermique de l’Éocène 2, ETM2 en anglais).

Sous cette chaleur bienfaisante, non seulement des mammifères jusque-là inconnus sont apparus, mais un autre phénomène s’est également produit par rapport aux espèces existantes: de génération en génération, celles-ci sont devenues plus petites. C’est ce que les dimensions des dents ont permis de constater. La science parle de nanification. Au cours des 130.000 premières années du PETM, les ancêtres des lapins, chevaux et autres ongulés ont vu la taille de leur corps réduite de 30%, voire plus. Si l’on convertit ces paramètres à l’échelle humaine, c’est comme si une personne mesurant 1m75 passait à une taille de 1m23. Cet épisode a été suivi d’une augmentation compensatoire de plus de 70%. Au cours de l’ETM2, la diminution de la taille du corps a été plus limitée. Il existe donc un lien avec l’importance de la hausse de température.

Les petits résistent mieux à la chaleur

Le lien entre température ambiante et taille pourrait trouver une explication dans la règle de Bergmann. Selon cette dernière, les plus grands spécimens d’une espèce animale se rencontrent dans les zones les plus froides. Cela s’explique par le fait que la surface corporelle des grands animaux est plus petite que le volume de leur corps et qu’ils perdent donc moins de chaleur par unité de volume. Les animaux ayant vécu lors du PETM résistaient donc plus facilement à un climat chaud s’ils étaient de plus petite taille.

La règle de Bergmann n’est pas unanimement reconnue, car les régions polaires abritent des populations de taille relativement grande, mais également des populations de taille relativement petite. Pour les paléontologues, elle reste néanmoins un point de départ explicatif capital. La diminution des tailles pourrait également s’expliquer par la chaleur – et la sécheresse qui régnait alors –, qui a réduit la disponibilité alimentaire.

Le nanisme hors d’atteinte

Selon les scientifiques, les maxima de température préhistoriques sont, d’un point de vue climatique, semblables au réchauffement terrestre actuel. Sauf qu’à présent, tout est plus rapide. Au cours du PETM, l’augmentation de 5 à 8°C de la température s’est produite sur 10.000 ans, avec un plateau au cours des 170.000 années suivantes. Avec la révolution industrielle, entre 1880 et 2012 – en l’espace de 132 ans, donc –, nous avons atteint une augmentation d’environ 0,85°C. Si cette tendance linéaire se maintient, il faudra un peu plus d’un siècle pour atteindre l’augmentation du Paléocène. Mais oublions la boutade de l’humanité frappée de nanisme massif. A partir de 2°C d’augmentation, les climatologues prédisent des changements climatiques radicaux qui compromettront sérieusement notre survie.

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