Rhinite allergique: c’est dans l’air du temps! - VivaSanté

Rhinite allergique: c’est dans l’air du temps!

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Un nez bouché sans arrêt, des éternuements en rafale, des yeux qui pleurent et un sommeil perturbé… Chaque a
nnée, les allergiques aux pollens redoutent l’arrivée du printemps.

Des hypothèses et pas que des réponses
C’est un fait, ces 30 dernières années, les allergies sont en nette augmentation. Aujourd’hui en Belgique, 28% de la population souffre de rhinite allergique, 6 à 10% d’asthme et 2 à 8% d’allergie alimentaire. La faute à qui? A notre système immunitaire qui semble subir les modifications de notre environnement, de notre mode de vie, de notre alimentation.
Les allergies sont bien souvent multifactorielles. Selon la théorie hygiéniste, notre environnement serait trop aseptisé, de sorte qu’à partir de la naissance, le système immunitaire des bébés manquerait de contacts avec les bons microbes censés stimuler les défenses immunitaires. La pollution atmosphérique extérieure mais également intérieure (produits d’entretien chimiques, manque d’aération, tabac…) augmenterait les allergies, notamment respiratoires. Une pollution que l’on soupçonne également dans nos assiettes.
D’autres raisons sont également avancées: l’âge maternel supérieur à 30 ans à la naissance (surtout s’il s’agit d’un premier enfant), les changements alimentaires, en particulier la diversification précoce chez les enfants, mais aussi la sédentarité. On sait en effet que l’activité physique régulière est un facteur protecteur contre des manifestations allergiques et en particulier contre l’asthme.

Le printemps n’est pas la seule période à risque

Les pollens sont parmi les principales et plus connues causes du déclenchement des réactions allergiques. De janvier à septembre, l’air que nous respirons en Belgique véhicule du pollen provenant de plus de 40 espèces de plantes. «En début de saison pollinique, des grains de pollen sont libérés par les noisetiers, les aulnes, les ifs et les cyprès mais ces pollens sont relativement peu allergisants», explique Lucie Hoebeke du service Mycologie et Aérobiologie de l’Institut Scientifique de Santé Publique (WIV-ISP). «Leur présence dans l’air n’a rien d’inquiétant et entraîne d’ailleurs peu de nuisances dans la population», poursuit Lucie Hoebeke. «Pour qu’un pollen soit incommodant, il doit non seulement être présent en masse dans l’air, mais aussi contenir des substances allergisantes».?
La saison pollinique varie d’une année à l’autre mais, en Belgique, elle gagne véritablement en intensité vers la fin du mois de mars avec l’apparition du pollen de bouleau. Le pollen de bouleau est très allergisant et, en termes de quantité de pollen libéré dans l’air, cet arbre représente à lui seul environ un tiers des grains de pollen d’arbres. Viennent ensuite les différentes graminées (mai, juin et juillet) et enfin l’armoise qui clôture la saison vers septembre.
De juillet à fin septembre, des spores fongiques allergisantes (champignons) peuvent également être présentes dans l’air. Il s’agit principalement des spores d’Alternaria et de Cladosporium qui peuvent provoquer des réactions allergiques chez les personnes sensibilisées.??

Quel pollen? Quel mois?
Consultez le calendrier pollinique actualisé sur le site www.airallergy.be.

Comment reconnaître la rhinite allergique?
On la confond souvent avec une rhinite «tout court» ou rhume, liée à un virus. Mais l’allergie a pourtant des signes bien spécifiques:
– le nez coule abondamment, et l’écoulement est liquide et transparent;
– les éternuements viennent en rafale; il peut y en avoir une douzaine à la suite;
– le nez, les yeux et le palais piquent et grattent;
– il n’y a pas de fièvre, ni de mal de gorge;
– elle peut être associée à une conjonctivite allergique, des troubles du sommeil, une irritabilité…;
– elle ne s’arrête pas, comme un rhume, au bout d’une semaine!

Une allergie saisonnière peut se déclencher à tout âge.

En savoir plus
Pourquoi est-on allergique?
L’allergie correspond à une réponse inadaptée et démesurée de notre organisme face à des substances étrangères appelées «allergènes». A la différence des virus et bactéries, les allergènes généralement présents dans l’environnement sont sans danger.

La réaction de notre organisme s’opère en deux temps:
-la phase de sensibilisation, asymptomatique, où notre système immunitaire reconnaît les particules allergisantes comme substances étrangères;
-la phase de réaction allergique lors de tout nouveau contact avec les allergènes. C’est à ce moment que notre système immunitaire s’emballe avec une réponse amplifiée et exagérée de type inflammatoire. Les réponses peuvent prendre différentes formes du genre: rhinite allergique, conjonctivite allergique, urticaire, asthme…

Adoptez les bons gestes
Le pollen se propage dans l’air. Il n’existe donc aucune solution miracle pour éviter complètement les symptômes désagréables liés aux allergies. Vous pouvez cependant réduire les désagréments causés:
– suivez les recommandations et les traitements prescrits par votre médecin;
– évitez les efforts et les activités en plein air et privilégiez les activités en intérieur;
– n’aérez que brièvement pendant la saison des pollens (le matin) et gardez les fenêtres fermées lors de vos déplacements en voiture;
– lorsque le temps est ensoleillé et venteux, et que la concentration de pollens est plus élevée, portez des lunettes de soleil afin de diminuer le contact entre les yeux et l’allergène;
– évitez de sécher votre linge à l’extérieur;
– utilisez des mouchoirs en papier et jetez-les systématiquement après utilisation;
– douchez-vous et lavez vos cheveux avant de vous coucher afin de vous débarrasser des allergènes.

Des solutions pour calmer les symptomes
Difficile d’imaginer une vie sans pollen! Il faut donc parfois se tourner vers les médicaments…
Les traitements de base sont les antihistaminiques. Ils diminuent la réaction allergique et permettent de calmer les symptômes. Bonne nouvelle: les antihistaminiques de nouvelle génération ne provoquent plus du tout les phénomènes de somnolence des anciens traitements.
D’autres médicaments, appliqués directement dans le nez, vont limiter l’inflammation et/ou décongestionner les muqueuses nasales. Ces sprays sont cependant à utiliser avec précaution: uniquement sur le court terme (quelques jours) pour éviter le risque d’accoutumance et de rhinite chronique réactionnelle (une forme de rhinite provoquée par l’abus de sprays décongestionnants).

Il est important de bien traiter la rhinite allergique, car mal soignée elle peut évoluer en sinusite, otite, apnée du sommeil, asthme…

La prise des médicaments comme des antihistaminiques ou des corticoïdes diminue les symptômes liés aux allergies et au rhume des foins. Ces médicaments sont prescrits par un médecin et peuvent, en accord avec celui-ci, être pris à des fins préventives.

Si vous pensez souffrir de rhinite allergique, n’attendez pas. Parlez-en à votre médecin. Des traitements efficaces existent pour soulager les symptômes et améliorer la qualité de vie.

 
Allergies, c’est fini: possible?
La désensibilisation s’adresse en priorité aux personnes allergiques aux pollens, aux acariens et aux piqûres d’abeille. C’est une méthode qui consiste à administrer l’allergène à petites doses et de manière croissante, dans le but de s’habituer peu à peu à cette substance. Une façon de soigner le mal par le mal… qui a fait ses preuves! Bien que relativement long (en moyenne 3 ans), ce traitement, qui doit être mené sous contrôle d’un allergologue, permet généralement d’obtenir une disparition durable des symptômes et de dire adieu aux différents traitements. ?

J’ai du mal à respirer!
Les asthmatiques souffrent souvent de rhinite allergique, laquelle constitue un facteur aggravant de l’asthme. Mais inversement, les patients atteints de rhinite allergique développent plus souvent un asthme. L’asthme est caractérisée essentiellement par une difficulté respiratoire due à un rétrécissement des voies respiratoires. Si vous souffrez de rhinite allergique, il est recommandé de bien traiter cette affection et de rechercher un asthme.
40% des rhinites allergiques évoluent en asthme et 70% des asthmatiques ont une rhinite allergique.

Le saviez-vous? L’hérédité joue un rôle dans l’allergie
Les causes exactes du rhume des foins ne sont pas toutes connues, cependant, la composante héréditaire semble être un facteur important. En effet, si la mère est allergique, la probabilité que son enfant le soit est de 30 à 40%. Ce risque est identique si c’est le père qui souffre de cette pathologie. Si les deux parents souffrent de la même allergie, la probabilité peut être de 70 à 80%.

Le saviez-vous? Des fruits parfois défendus!
L’allergie aux pollens d’arbres de la famille du bouleau peut aller de pair avec une allergie à certains fruits ou légumes. On parle alors d’allergies croisées. Dans ce cas, le fragment de protéine de pollen auquel on est allergique ressemble très fort à certains fragments protéiques présents dans certains fruits ou légumes. Lèvres gonflées et démangeaisons dans la bouche et la gorge apparaissent alors si on consomme ces fruits frais (quand ils sont cuits, la réaction est le plus souvent absente). C’est ainsi que l’allergie au pollen de bouleau peut s’accompagner d’une réaction aux noisettes, pommes, poires, pêches, cerises, abricots, prunes, framboises.

Un personne sur deux allergique aux pollens de bouleau développera aussi une allergie à la pomme, pêche, nectarine, cerise, prune, abricot, noisette et parfois à d’autres fruits encore.

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