To like or not to like - VivaSanté

To like or not to like

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Un like par-ci, un tweet par-là, un selfie sur Instagram sans oublier de mettre à jour son profil LinkedIn… Nous multiplions quotidiennement les connexions aux réseaux sociaux.


Cinq petites minutes consacrées à chaque intervention qui, mises bout-à-bout et d’après un récent rapport de l’agence Wearesocial, nous font passer pas moins de deux heures par jour derrière notre écran d’ordinateur, de téléphone portable ou de tablette à communiquer avec le monde extérieur. Mais, conséquence plus interpellante depuis que les réseaux sociaux ont envahi notre quotidien, on observe le développement de nouvelles maladies, comme le «Fomo», la peur constante de louper quelque chose qui empêche de vivre les instants présents. Les psys parlent même de «dépression Facebook». Deux études américaines menées en 2013 et 2015 ont pointé du doigt le côté déprimant de Facebook. La première montre que le réseau social sape le moral de ses utilisateurs et que plus on l’utilise, pire c’est. La seconde affirme que les statuts les plus joyeux affichés par les usagers sont les plus trompeurs; seuls les statuts déprimants (ou déprimés) exprimant le réel ressenti. Conclusion: Facebook est l’art de s’inventer une vie, de l’embellir sous la pression sociale.

Les Danois ont à leur tour mené l’enquête au sein de l’Institut de recherche sur le bonheur (oui, cet institut existe vraiment!) et les chercheurs ont révélé que les personnes ayant vécu une semaine sans utiliser le réseau social étaient plus heureuses et plus optimistes que les autres. Les usagers l’avouent sans complexe: ils envient les «incroyables expériences» postées par les autres (50%), leur bonheur affiché (33%) et leur succès apparent (40%). Car la vie des autres passée par le filtre Facebook semble beaucoup plus belle et la comparaison est parfois difficile à soutenir. C’est le jeu, particulièrement sur Facebook ou Instagram, où la majorité des internautes présentent leur vie telle une publicité. C’est une tentative d’illusionner l’autre pour être reconnu. Du coup, on pense aussi que l’autre a une vie extraordinaire. Le danger est de croire en cette illusion et de «se faire des films».
Mais, même sans souffrir de ce type de maux, sommes-nous vraiment capables de vivre sans Facebook? Vérifier son fil d’actualité, poster des photos ou encore tchater avec ses amis via le réseau social est devenu presque un réflexe pour la majorité d’entre nous. L’alternative à une disparition brutale du réseau social ne serait-elle pas plutôt de couper plusieurs fois par jour son téléphone pour se concentrer uniquement sur soi ou ses proches. Une façon de vivre dans l’instant présent et le monde réel.

Les vacances approchent et elles représentent sans aucun doute le moment idéal de décrocher, d’entamer sa cure de désintoxication aux médias sociaux. Tels les alcooliques invétérés ou les fumeurs compulsifs, la meilleure façon de rompre avec cette dépendance est de s’éloigner de toute tentation. Et même si l’on ressentira un manque pendant les premiers jours, on finira bien vite par oublier les photos passionnantes de Lindsay, les vidéos effarantes de Maxime et les remarques passionnantes de Robert.

Rappelez-vous que tous ces petits appareils qui ont envahi nos vies servent à vous rapprocher des gens qui sont loin mais à vous éloigner des gens qui sont proches.

Nathalie Evrard

Edito du n° 29 du magazine “Le Journal du Patient”
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