Y a t-il un lien entre cancer et hérédité? - VivaSanté

Y a t-il un lien entre cancer et hérédité?

Il est aujourd’hui bien établi que si un parent est atteint d’un cancer à un jeune âge, alors ses descendants présentent un risque accru d’en être également atteint. Une nouvelle étude suédoise a montré que ce risque accru est également présent quand le cancer du parent est diagnostiqué à un âge plus avancé (12,2 millions de Suédois – dont 1,1 million atteints de cancer – ont été inclus dans cette étude).

Néanmoins, c’est malgré tout quand un parent a été touché par un cancer étant jeune que ses descendants courent les risques les plus élevés.
Si l’on compare avec des enfants dont les parents n’ont pas eu de cancer, le risque pour ceux dont c’est le cas est 8,3 fois plus élevé quand le diagnostic de cancer du parent a eu lieu avant 40 ans.
Le rapport est ensuite de 4,4 si le diagnostic a eu lieu entre 40 et 49 ans ; 2,8 entre 50 et 59 ans ; 2,1 entre 60 et 69 ans et 1,6 dans les 10 années après l’âge de 69 ans.
En fonction de leur type, 35 à 81% des cancers surviennent chez des enfants dont les parents ont été touchés par la maladie après 69 ans.
Ces résultats ne peuvent faire oublier que d’autres facteurs (alimentation, tabac, sédentarité…) peuvent également jouer un rôle dans l’apparition d’un cancer. Et que ces différents facteurs sont additionnels.
Si un de vos parents est ou a été atteint d’un cancer…pensez avant tout prévention…
S’occuper de son capital santé ne doit pas être vécu comme une contrainte: voyez-le comme un pari positif sur l’avenir. On ne constate pas forcément des bénéfices immédiats quand on se prête à ces contrôles, mais ce sont des années de vie ou de qualité de vie que l’on est en train de gagner!
C’est dès 40 ans que se prépare le futur, souligne le Docteur Catherine Nachtergal, de la Clinique de l’Europe. La prévention est vraiment un domaine où l’on peut prendre des initiatives, parler à son médecin de ses antécédents familiaux, de ses angoisses. Grâce à une démarche active, nous pouvons élaborer une prévention personnalisée, accessible et donc efficace.
Le dépistage du cancer du sein?
 
L’examen de dépistage de référence pour le cancer du sein est la mammographie, c’est-à-dire un examen radiologique des seins. Elle recherche des anomalies telles que des opacités, des micro-calcifications.
Le dépistage du cancer du sein est recommandé aux femmes entre 50 et 74 ans. C’est en effet dans cette tranche d’âge que les femmes ont le plus de risques de développer un cancer du sein et que le dépistage est le plus efficace.
Mais en fonction de l’histoire personnelle de chaque femme (antécédents personnels ou familiaux, prédisposition génétique…), un suivi plus précoce peut être proposé. Dans l’hypothèse où une anomalie est décelée, le radiologue peut proposer des examens complémentaires: échographie, prélèvement ou IRM mammaire. En effet, la mammographie permet de voir s’il existe une anomalie dans le sein, mais pas de déterminer avec certitude s’il s’agit ou non d’un cancer.
L’examen de dépistage du cancer colorectal
 
Le dépistage du cancer colorectal se fait par deux techniques: le test de recherche de traces de sang dans les selles, suivi d’une coloscopie (examen permettant de visualiser l’intérieur de l’intestin). Elle peut être pratiquée directement pour les personnes à risque élevé (antécédent familial ou personnel de polype ou de cancer colorectal…) ou en présence de symptômes.
Tous les hommes et femmes âgés de 50 à 74 ans se voient proposer par courrier un test qui permet de détecter des traces de sang occulte dans les selles. Ces personnes devront se rendre chez leur médecin traitant pour se faire expliquer la démarche.
En pratique, le test consiste à prélever sur trois selles consécutives un petit fragment de la taille d’une lentille ou d’un grain de riz qu’il faut déposer sur une plaquette. Cette plaquette est ensuite envoyée à un centre d’analyses qui transmet alors les résultats à la personne, à la structure de gestion et à votre médecin.
Comme mentionné plus haut, le dépistage du cancer colorectal est recommandé aux hommes et aux femmes entre 50 et 74 ans, mais il peut être proposé en dehors de cette tranche d’âge aux personnes à risque élevé.


Si l’examen est normal, il sera reprogrammé tous les 5 ans.
L’examen de dépistage du cancer du col de l’utérus
 
Le frottis cervico-utérin est l’examen de dépistage du cancer du col de l’utérus actuellement recommandé.
Le frottis est recommandé à toutes les femmes à partir de 25 ans. Au cours d’un examen gynécologique, après mise en place d’un spéculum, on prélève des cellules sur le col de l’utérus au fond du vagin, à l’aide d’une petite brosse ou d’une spatule.
C’est un geste simple et non douloureux qui ne prend que quelques minutes. Le prélèvement est ensuite adressé à un médecin spécialiste, l’anatomopathologiste, pour lecture et interprétation.
? A savoir: même pour les femmes vaccinées contre les papillomavirus, un dépistage régulier par frottis reste indispensable. En effet, la vaccination protège contre les plus fréquents des virus responsables des cancers du col de l’utérus, mais pas contre la totalité.
L’examen de dépistage du cancer de la prostate
 
Le dépistage d’un cancer de la prostate repose sur deux examens complémentaires: le toucher rectal et le dosage du PSA. Le PSA est une protéine fabriquée par la prostate, appelée antigène prostatique spécifique (‘prostate specific antigen’ en anglais, abrégé en PSA). Il est essentiel d’associer ces deux examens car il arrive parfois que l’on détecte un cancer par le toucher rectal, alors que le dosage de PSA ne le laissait pas suspecter. Et inversement, un taux anormal de PSA ne signifie pas forcément qu’il existe un cancer.
Ce type de dépistage concerne les hommes à partir de 50 ans, et sera fait chaque année.
Le mode de détection précoce du mélanome
 
C’est un repérage visuel des taches ou grains de beauté pouvant faire suspecter un cancer de la peau.
Il est conseillé de procéder à cette vérification visuelle tous les ans si vous présentez des grains de beauté.
Dès que vous voyez une de ces taches qui change de couleur, de contours ou de dimensions, ou encore si vous voyez un liseré rouge signant une inflammation (voir ci-dessous), consultez rapidement. Mieux vaut être rassuré que de laisser une lésion évoluer.
Dans certains cas, si vous consultez votre dermatologue, ce dernier pourra s’aider d’un dermoscope, sorte de loupe éclairante et très grossissante qui permet de voir à travers la première épaisseur de l’épiderme.
Les critères de la “règle ABCDE” aident à repérer les signes suspects dès leur apparition:

– A comme Asymétrie: forme non circulaire, avec deux moitiés qui ne se ressemblent pas
– B comme Bords irréguliers: bords dentelés, mal délimités
– C comme Couleur non homogène: présence de plusieurs couleurs (noir, bleu, marron, rouge ou blanc)
– D comme Diamètre: diamètre en augmentation, en général supérieur à 6mm
– E comme Evolution: toute tache pigmentée qui change d’aspect rapidement (forme, taille, épaisseur, couleur) est un signe d’alerte
Nathalie Evrard
Source: Fondation contre le Cancer
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